Une mise à jour lourde de conséquences pour les entreprises citée par l'ONU
Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme a publié une nouvelle mise à jour de sa base de données recensant les sociétés ayant des liens avec les colonies israéliennes en Cisjordanie et à Jérusalem-Est. La liste compte désormais 214 entreprises, contre un nombre inférieur l'an dernier, avec 61 sociétés ajoutées et 5 retirées.
Parmi les noms maintenus figurent des plateformes internationales bien connues — Airbnb, Booking, Expedia, Motorola et TripAdvisor — et, côté français, deux acteurs du secteur des infrastructures : Egis et sa filiale Egis Rail. Cette base de données, établie à la suite d'une résolution du Conseil des droits de l'homme en 2016, vise à recenser les entreprises impliquées dans des activités liées à la construction, la fourniture de services ou le développement économique des colonies.
« Ce rapport rappelle une fois de plus aux entreprises qu'elles ont des responsabilités en matière de droits de l'homme »,
a déclaré le Haut-Commissaire aux droits de l'homme, Volker Türk, citant la nécessité pour les entreprises d'appliquer une diligence raisonnable afin d'éviter toute implication dans des violations des droits humains.
La majorité des sociétés répertoriées ont leur siège en Israël. On trouve aussi des entreprises basées aux États-Unis, dans plusieurs pays européens, ainsi qu'une dans chacun des pays suivants : Mexique, Afrique du Sud et deux en Chine. Depuis la première publication en 2020, la base de données est régulièrement actualisée ; cette nouvelle salve amplifie son caractère sensible pour les groupes concernés.
Quels enjeux pour les entreprises citées ?
- Risque réputationnel : figurer sur cette liste peut exposer les groupes à des campagnes de boycott ou à des pressions d'ONG et d'investisseurs socialement responsables.
- Conformité et due diligence : les entreprises sont rappelées à leurs obligations en matière de droits humains, avec un risque d'enquête accrue ou d'obligations nouvelles dans leurs processus d'évaluation des projets.
- Conséquences commerciales : contrats publics, partenariats et accès à certains marchés peuvent être affectés, notamment si des donneurs d'ordre appliquent des critères ESG stricts.
La réaction officielle d'Israël a été immédiate et vive : la Représentation israélienne auprès de l'ONU à Genève qualifie ce mécanisme de « outil politique » destiné, selon elle, à « persécuter l'État juif » et nie toute équivalence dans d'autres contextes internationaux. Cette prise de position souligne le caractère hautement politisé du dossier et la difficulté à transformer la base de données en instrument purement juridique ou technique.
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Total d'entreprises dans la base | 214 |
| Ajouts par rapport à l'an dernier | 61 |
| Retraits | 5 |
| Entreprises françaises concernées | 2 (Egis, Egis Rail) |
Pour les directions juridiques et des affaires publiques en France, l'actualisation commande une double vigilance : clarifier l'exposition effective de leurs activités aux zones concernées, et documenter les processus de diligence et de mitigation des risques afin de répondre aux demandes d'investisseurs, clients ou autorités. Les entreprises mentionnées auront à démontrer, par des éléments factuels, comment leurs opérations respectent le droit international et les standards en matière de droits humains.
Au-delà des seuls groupes cités, la publication accentue les débats sur l'articulation entre responsabilité des entreprises, droit international et choix politiques des États. Elle rappelle aussi que les critères ESG pèsent désormais sur les décisions économiques et peuvent influer concrètement sur la stratégie des entreprises exposées.