Les chiffres clés
Le deuxième baromètre européen sur les Objectifs de développement durable (ODD), publié par le Réseau France du Pacte mondial et appuyé sur les données déclarées de 5 793 entreprises dans 21 pays (dont 1 370 en France), place les sociétés françaises à un score global de 57,5/100, très proche de la moyenne européenne de 58,2.
Des forces nettes sur le social
Les résultats montrent des performances remarquables sur les dimensions sociales : la France obtient 76,8 pour l’ODD consacré à la santé et au bien‑être et 76,1 pour la réduction des inégalités. Sur l’égalité femmes‑hommes, les entreprises françaises figurent au deuxième rang européen, derrière la Suède, un positionnement que le rapport attribue en partie à un cadre réglementaire national ancien et contraignant.
« plus ancien et plus exigeant que la plupart des pays »
Le rapport cite notamment des lois comme Copé‑Zimmermann et Rixain, qui ont encadré la féminisation des instances dirigeantes et contribué à cette avance sur l’égalité.
Des retards marqués sur l’environnement
En revanche, les indicateurs environnementaux révèlent des lacunes : l’ODD industrie et innovation ressort à 58,7, soit 7,2 points de moins que la moyenne européenne. Les scores relatifs à la biodiversité terrestre (49,5), à la protection des océans (49,0) et à la gestion de l’eau (49,3) se situent entre 4,6 et 6 points en dessous de la moyenne européenne.
Ce que ces écarts signifient
Pour les entreprises : ces résultats pointent des domaines où les plans RSE doivent être renforcés, notamment la traçabilité des impacts naturels, les objectifs de réduction des émissions et l’innovation verte. Les investisseurs et donneurs d’ordre, de plus en plus attentifs aux critères environnementaux, pourraient exploiter ces indices pour ajuster leurs décisions d’allocation de capitaux.
Pour les salariés : un déficit sur les enjeux environnementaux peut signifier des risques futurs (adaptation aux normes, ajustements d’activité) et des opportunités manquées (création d’emplois verts, formation sur les technologies propres).
Pour les autorités et régulateurs : les résultats suggèrent que les cadres incitatifs ou contraignants sur la dimension environnementale sont encore insuffisants pour faire converger les pratiques françaises vers les meilleures références européennes.
Classements et comparaison européenne
Le baromètre classe les pays selon leur score global : la Grèce (67,3), la Turquie (63,9) et l’Italie (62,8) figurent en tête, tandis que la Pologne et le Danemark (tous deux 51,7) et la Suisse et le Liechtenstein (tous deux 54,6) ferment la marche. La France se situe donc dans la partie médiane de ce classement européen.
| Pays / Indicateur | Score |
|---|---|
| France (global) | 57,5 |
| Moyenne européenne (global) | 58,2 |
| ODD Santé et bien‑être (France) | 76,8 |
| ODD Réduction des inégalités (France) | 76,1 |
| ODD Industrie & innovation (France) | 58,7 |
| Biodiversité terrestre (France) | 49,5 |
| Protection des océans (France) | 49,0 |
| Gestion de l’eau (France) | 49,3 |
Priorités opérationnelles
- Renforcer les politiques d’innovation verte et les investissements R&D en technologies propres.
- Intégrer la biodiversité et la gestion de l’eau dans les reporting extra‑financiers et les stratégies d’approvisionnement.
- Harmoniser incitations publiques et exigences privées pour accélérer la transition écologique des chaînes de valeur.
En l’état, le baromètre dessine un double profil : des entreprises françaises performantes sur les volets sociaux, soutenues par un cadre réglementaire ancien, mais insuffisamment mobilisées sur des enjeux environnementaux qui deviennent déterminants pour l’accès aux marchés, le financement et la résilience opérationnelle. Les prochains exercices de reporting et les évolutions réglementaires à venir seront des tests décisifs pour mesurer la capacité des entreprises françaises à combler cet écart.