Une poussée des exportations qui change la donne
La Banque de France dresse un portrait en demi-teinte mais globalement favorable des startups françaises : en 2025, elles ont réalisé 8,5 milliards d'euros de chiffre d'affaires à l'export, soit une progression de 13,8% par rapport à 2024. Ce dynamisme à l'international dépasse la croissance de leur activité domestique et traduit une montée en puissance de jeunes entreprises désormais tournées vers des marchés étrangers.
« belle dynamique »
La banque centrale souligne que ce mouvement n'est pas marginal : 66,1% des entreprises de l'échantillon sont exportatrices, contre 63,1% l'année précédente. L'analyse porte sur 2 640 sociétés « les plus avancées de l'écosystème », c'est-à-dire celles qui déclarent un chiffre d'affaires supérieur à 750 000 euros ou ont levé plus de 3 millions.
Quels secteurs tirent la croissance ?
La progression globale du chiffre d'affaires des startups atteint 29,7 milliards d'euros en 2025, en hausse de 11,6%. Cette croissance est principalement portée par :
- Le logiciel : poids majeur dans les exportations de services numériques.
- Le commerce en ligne : distribution transfrontalière accélérée par les plates-formes.
- La finance (fintech) : services et solutions vendus à l'étranger.
Le secteur du tourisme et des loisirs apparaît comme naturellement très exportateur, suivi par le marketing digital, la finance et les éditeurs de logiciel.
Des fragilités persistantes
Malgré ce tableau positif sur les ventes, les startups conservent des vulnérabilités structurelles. Elles restent majoritairement non rentables : en moyenne, elles ont enregistré une baisse de chiffre d'affaires de 12,3% en 2025 — un ratio qui demeure élevé, même s'il diminue par rapport aux années précédentes. Sur le plan social et économique, ces entreprises restent concentrées : seules 9% sont dirigées par des femmes, quand 91% sont à la tête d'hommes.
La Banque de France relève aussi des sorties contraintes : 51 startups ont fait l'objet l'an dernier d'un redressement ou d'une liquidation judiciaire, rappelant que la croissance rapide peut s'accompagner d'un risque élevé d'échec.
Impacts et enjeux pour les décideurs
Concrètement, cette montée des exportations des jeunes pousses a plusieurs implications : elle renforce la contribution des startups à la balance commerciale et favorise l'implantation de compétences technologiques sur des marchés internationaux. Mais elle pose aussi des questions de politique publique : comment soutenir la transition vers la rentabilité ? Quelles mesures pour encourager la féminisation des dirigeants ? Quels accompagnements pour gérer le surcroît de risques liés à l'internationalisation ?
| Indicateur | Valeur 2025 |
|---|---|
| Chiffre d'affaires à l'export | 8,5 milliards € |
| Chiffre d'affaires total | 29,7 milliards € |
| Progression export vs 2024 | +13,8% |
| % de startups exportatrices | 66,1% |
| Dirigeantes femmes | 9% |
| Perte moyenne de CA | -12,3% |
| Redressements/liquidations | 51 |
Ces chiffres invitent à nuancer l'enthousiasme : la progression des ventes à l'étranger est un signal positif de maturation, mais sans réponses à la rentabilité et à la gouvernance, le potentiel de ces entreprises risque de rester partiellement inexploité.