Un produit festif sous pression prix et sanitaire
À l’approche du Mouled, la demande pour le zgougou — la pâte à base de pignons de pin d’Alep consommée lors de la fête — attire les foules malgré une montée importante des tarifs et des inquiétudes sanitaires. Dans plusieurs boutiques de Nabeul, des files se forment alors que le prix du kilo atteint des niveaux rarement observés ces dernières années.
Au-delà du choc sur le budget des ménages, les autorités sanitaires rappellent un danger moins visible : les pignons mal stockés peuvent être contaminés par une mycotoxine, l’aflatoxine B1, produite par certaines espèces d’Aspergillus. Les aflatoxines sont reconnues pour leurs propriétés génotoxiques et cancérigènes, d’où la nécessité de limiter au maximum l’exposition via l’alimentation.
Ce que paient les consommateurs et ce qu’ils racontent
Sur le terrain, les prix relevés varient fortement selon le point de vente. Certains commerçants affichent des tarifs autour de 52 dinars le kilo ; d’autres ventes au détail évoquent une fourchette comprise entre 50 et 60 dinars. Des acheteurs chanceux ont toutefois pu se procurer un kilo à 25 dinars grâce à des connaissances dans des régions productrices, illustrant la dispersion des prix.
« Entre les préparatifs de la rentrée scolaire et les derniers jours de vacances... je n’ai pas trouvé le temps d’acheter le zgougou. C’est la course contre la montre », confie Mme Mounira Ben Hafsa.
Ces écarts interrogent : hausse des coûts de production, tensions d’approvisionnement, ou pratiques commerciales ? Pour certains consommateurs, la flambée apparaît inexplicable et soulève la question du contrôle des prix et de l’intervention des services économiques.
Risques sanitaires : stockage et prévention
Les spécialistes rappellent que l’insalubrité ou un stockage prolongé dans des environnements chauds et humides favorise le développement d’Aspergillus et la production d’aflatoxines. Pour limiter le risque, les recommandations portent principalement sur :
- l’achat de produits auprès de distributeurs identifiables et réputés ;
- le stockage à l’abri de l’humidité et de la chaleur ;
- la rotation des stocks pour éviter la conservation prolongée des pignons.
Ces mesures sont d’autant plus importantes que l’exposition chronique à de faibles doses peut avoir des conséquences graves sur la santé.
Impact sur le pouvoir d’achat des ménages
Pour de nombreuses familles qui tiennent à préparer la traditionnelle âassidet zgougou le jour du Mouled, l’augmentation du prix du pignon représente une charge supplémentaire non négligeable sur un budget déjà contraint par la rentrée scolaire. L’écart constaté — du simple au double selon les sources — signifie pour un foyer payant 50 à 60 dinars au lieu de 25 dinars un surcoût immédiat important pour cette dépense festive.
| Point mesuré | Prix constaté |
|---|---|
| Boutique de Nabeul (exemple) | 52 dt / kg |
| Vente rapportée par un ami (Aïn Drahem) | 25 dt / kg |
| Fourchette signalée en détail | 50–60 dt / kg |
En l’absence d’explications publiques précises sur l’origine de cette hausse, certains consommateurs réclament davantage de contrôles et la mobilisation des brigades économiques pour vérifier les marges et garantir l’accès à un produit sûr à des prix raisonnables.
Que retenir ?
Le cas du zgougou illustre une double préoccupation : d’une part, l’érosion du pouvoir d’achat lorsque des produits traditionnels voient leur prix grimper à la veille d’une fête ; d’autre part, la nécessité de surveiller la chaîne d’approvisionnement pour prévenir les risques sanitaires liés aux aflatoxines. Pour les ménages, la règle reste pratique : privilégier des achats auprès de vendeurs identifiables, vérifier les conditions de stockage et rester attentifs aux communications des autorités sanitaires.