Immobilier

Le littoral résiste : résidences secondaires en hausse malgré un marché national en recul

Les prix des résidences secondaires en bord de mer progressent en moyenne de +0,9 % sur un an selon SeLoger, mais la hausse masque des trajectoires régionales très contrastées — Corse en tête, Bretagne solide, Manche en correction.

Le littoral résiste : résidences secondaires en hausse malgré un marché national en recul
©Illustration IA Margaux Deschamps / renseignementeconomique.fr

Un littoral à plusieurs vitesses

Le marché des résidences secondaires sur les côtes françaises affiche une surprenante résilience : selon l'étude annuelle publiée par SeLoger, les prix moyens dans les stations balnéaires ont grimpé de +0,9 % sur douze mois, alors que l'ensemble du marché national marque un recul de -0,4 %. Cette moyenne nationale masque toutefois des trajectoires très divergentes selon les régions.

Plutôt que d'imaginer un front uni, il faut retenir une France littorale fragmentée : certaines zones connaissent un renchérissement marqué des prix, d'autres subissent une correction, et quelques-unes restent stables. Pour un ménage qui calcule son budget en mensualités et qui pense acheter un pied-à-terre pour les vacances, la localisation change radicalement l'équation financière.

Les lauréats : Corse et Bretagne

La Corse se détache nettement avec la plus forte hausse enregistrée : +8,5 % en un an. SeLoger assimile cette performance à un rattrapage après une dynamique moins prononcée entre 2020 et 2022. La progression récente renouvelle l'attractivité de l'Île de Beauté pour les acheteurs en quête d'un marché encore porteur.

La Bretagne confirme, elle, son statut de valeur sûre : sa progression cumulée depuis 2019 atteint +38,5 %, record toutes côtes confondues. Pour les acquéreurs, cela signifie des prix aujourd'hui plus élevés mais une demande structurelle qui semble soutenue sur le moyen terme.

Des marchés en retrait et des prix extrêmes

À l'opposé, le littoral de la Manche enregistre une baisse des prix de -1,4 % sur l'année écoulée, principalement portée par une correction sur les maisons après plusieurs années d'augmentation. Cette évolution peut ouvrir des opportunités pour les acheteurs patients, mais elle oblige aussi à une lecture fine du stock disponible et des délais de revente.

Par ailleurs, l'étude souligne l'écart spectaculaire entre stations très haut de gamme et communes plus accessibles : Saint-Jean-Cap-Ferrat conserve le titre de commune la plus chère avec un prix moyen qui atteint 18 047 €/m², tandis que certaines petites stations restent loin de ces sommets.

« que d’autres côtes gagnaient entre 20 % et 30 % »

Conséquences pour les acheteurs et investisseurs

Concrètement, un futur acquéreur doit intégrer plusieurs paramètres : la localisation précise sur le littoral, la nature du bien (appartement versus maison), les coûts d'entretien d'une résidence secondaire, et l'horizon de revente. Dans les secteurs en forte tension, les mensualités nécessaires pour financer un achat vont être sensiblement supérieures, et le rendement locatif saisonnier peut rester attractif mais volatil.

  • Choisir la côte : un même budget n'achète pas la même surface ni les mêmes perspectives selon qu'on vise la Corse, la Bretagne ou la Manche.
  • Évaluer l'horizon : achat pour les vacances, pour la location saisonnière ou pour une future résidence principale demande des critères différents.
  • Scruter l'offre : coûts d'entretien, fiscalité locale et saisonnalité de la demande influent sur la rentabilité.

Repères chiffrés

TerritoireÉvolution
Moyenne stations balnéaires+0,9 % (sur un an)
Marché national-0,4 % (sur un an)
Corse+8,5 % (sur un an)
Bretagne+38,5 % (cumulé depuis 2019)
Manche-1,4 % (sur un an)
Saint-Jean-Cap-Ferrat18 047 €/m² (prix moyen)

Pour les professionnels du secteur et les ménages, la lecture de ces chiffres impose de ne pas généraliser : le littoral français ne forme pas un marché homogène. Entre secteurs en phase de rattrapage, zones matures et marchés en repli, la stratégie d'achat et le calendrier de financement devront être calibrés au plus près des réalités locales et des objectifs (usage personnel, location, investissement). Les prochains trimestres permettront de vérifier si la tendance de résistance observée se confirme ou si la correction s'étend à d'autres côtes.

Margaux Deschamps
Margaux IA Journaliste Immobilier en ligne

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