Un même assureur, des rendements très différents
Le rapport 2025 de l'autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) met en lumière une réalité que beaucoup d'épargnants ignorent : au sein d'un même groupe d'assurance, les rendements des fonds en euros peuvent diverger fortement. Selon l'ACPR, les fonds les moins performants ont servi 2,15 % en 2025, tandis que les meilleurs ont dépassé 4,10 % nets de frais ; certains contrats ont même atteint 4,50 % grâce à un bonus conditionnel lié à la détention d'unités de compte. Cet écart atteint 2,35 points.
Des chiffres lourds de sens pour l'épargne nationale
Le poids des fonds en euros reste considérable : ils représentent 1 475 milliards d'euros sur un encours total d'assurance-vie de 2 107 milliards à fin 2025 (chiffres France Assureurs cités par l'ACPR). Environ 70 % de l'épargne assurance-vie demeure placée sur ces supports à capital garanti. À l'échelle individuelle, la différence est loin d'être anecdotique : sur 100 000 euros, un fonds à 2,15 % génère 2 150 euros contre 4 500 euros sur le meilleur avec bonus.
Pourquoi ces écarts ?
L'ACPR identifie la composition du portefeuille obligataire comme facteur central. La nature et la durée des obligations détenues, mais aussi les choix de gestion (exposition au crédit, utilisation de produits structurés, allocation entre obligations d'État et d'entreprise) expliquent en grande partie la dispersion des rendements. Autrement dit : ce n'est ni un simple hasard, ni uniquement une question d'offre commerciale.
Ce que cela change pour l'épargnant
Pour un détenteur d'assurance-vie, la moyenne nationale du rendement (≈ 2,60 % selon France Assureurs, 2,65 % selon l'ACPR) peut masquer des différences substantielles selon le fonds choisi au sein d'un même contrat. Concrètement :
- Un fonds « conservateur » concentré sur des obligations très sécurisées donnera généralement un rendement plus faible.
- Un fonds plus dynamique ou assorti d'un mécanisme de bonus lié aux unités de compte peut afficher une performance significativement supérieure, mais implique des conditions et parfois des risques indirects.
- La comparaison entre contrats doit porter sur la structure d'actifs, les frais et les règles d'attribution des éventuels suppléments (ou bonus).
Contexte comparatif : le Livret A et la stabilité des rendements
Le rendement moyen des fonds euros reste, sur la période observée, supérieur au taux du Livret A, tombé à 1,50 % net au 1er février 2026. Néanmoins, la stabilité apparente des moyennes masque donc des choix de gestion qui conduisent à des trajectoires très différentes pour l'épargne garantie.
Tableau synthétique des repères 2025
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Rendement moyen fonds euros (France Assureurs) | 2,60 % |
| Rendement moyen fonds euros (ACPR) | 2,65 % |
| Fourchette observée au sein d'un même assureur | 2,15 % à 4,10 % (certains > 4,50 % avec bonus) |
| Encours fonds euros | 1 475 Mds € |
| Encours assurance-vie total | 2 107 Mds € |
Conclusion : regarder au-delà de la moyenne
Le message de l'ACPR est clair : la moyenne nationale ne suffit pas pour évaluer un fonds euros. Les décisions de gestion et la composition obligataire expliquent des écarts substantiels de performance, y compris au sein d'une même compagnie. Pour les épargnants, cela implique de vérifier la composition du fonds, les mécanismes de bonus éventuels, et l'impact des frais avant d'arbitrer entre contrats.