Une unité de production pour accompagner l’essor de l’éolien flottant français
Deux industriels régionaux, BW Ideol et NGE, ont officialisé le 23 juillet leur association pour implanter à Fos‑sur‑Mer une usine dédiée à la fabrication de fondations d’éoliennes flottantes. Le projet, baptisé Fos3F, vise une mise en service industrielle en 2030 et une production annuelle de 30 flotteurs, soit une puissance installée d’environ 500 MW par an.
Cette capacité répond directement aux ambitions nationales liées au nouvel appel d’offres en mer, qui prévoit jusqu’à 5 GW d’éoliennes flottantes dans le cadre de l’AO10 — un marché encore embryonnaire en France mais appelé à se développer rapidement. Les partenaires présentent l’usine comme un élément clé pour sécuriser les approvisionnements et réduire la dépendance aux importations pour la filière naissante.
Financement : 200 millions d’euros, dont de l’argent public européen
Le coût total du projet est évalué à 200 millions d’euros. BW Ideol a déjà annoncé avoir obtenu 126 millions d’euros d’aides publiques, ventilés notamment en 74 millions au titre d’un fonds européen pour l’innovation et 52 millions via un crédit d’impôt pour investissements dans l’industrie verte. Le montage financier devrait être complété dans le cadre d’un appel à projets du Grand Port Maritime de Marseille, dont la sélection des lauréats est attendue en fin d’année.
« Notre usine permettra de sécuriser la mise en œuvre de cette ambition », commente Paul de la Guérivière, président de BW Ideol.
Marchés ciblés et calendrier
Les 30 flotteurs annuels sont présentés comme suffisants pour approvisionner non seulement le parc français mais aussi le marché italien. L’objectif est de pouvoir répondre aux besoins liés à l’AO10, dont le calendrier évoque un lancement officiel en 2027 afin de sélectionner des projets avant la prochaine échéance présidentielle.
- Capacité de production : 30 flotteurs/an (~500 MW/an).
- Coût estimé : 200 millions d’euros.
- Aides publiques sécurisées : 126 millions d’euros (74 M€ fonds UE, 52 M€ crédit d’impôt).
- Mise en service visée : 2030.
Enjeux industriels et économiques
Installer une chaîne de fabrication sur le littoral méditerranéen répond à plusieurs impératifs : industrialiser une filière émergente, créer des compétences locales dans la construction de structures marines en béton et réduire les risques logistiques pour des composants volumineux. Pour le consommateur français, le développement d’une filière nationale peut, à terme, jouer sur les coûts de déploiement et la maîtrise des délais des projets offshore — facteurs qui influencent le prix de revient de la production d’énergie renouvelable et, au final, les dépenses supportées par la collectivité ou les acheteurs d’électricité.
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Production annuelle prévue | 30 flotteurs (~500 MW) |
| Coût total estimé | 200 M€ |
| Aides publiques annoncées | 126 M€ (74 M€ UE, 52 M€ crédit d'impôt) |
| Mise en service visée | 2030 |
La trajectoire du projet dépendra toutefois de la confirmation des financements complémentaires, du résultat de l’appel à projets du port de Marseille et du calendrier des appels d’offres offshore. Si l’ensemble de ces pièces se met en place, Fos3F pourrait devenir l’un des pivots industriels de la montée en puissance de l’éolien flottant dans l’arc méditerranéen.