Une mondialisation qui change de logique
La transformation en cours des relations économiques internationales ne se traduit pas par un repli protectionniste généralisé, mais par une recomposition des chaînes de valeur. Dans cette nouvelle configuration, articulée par des tensions géopolitiques, la transition écologique et énergétique et des mutations des formes d'investissement, les entreprises rapprochent leurs approvisionnements, leurs sites de production et leurs marchés. Le constat principal est que la mondialisation évolue vers une logique davantage régionalisée plutôt qu'elle ne disparaît.
Ce que cela change pour la Tunisie
Pour un pays comme la Tunisie, inséré dans des réseaux commerciaux hérités des décennies précédentes, cette régionalisation appelle une remise à plat des choix productifs et commerciaux. L'auteur de l'analyse insiste sur la nécessité d'un positionnement renforcé dans les segments à plus forte valeur ajoutée afin d'éviter d'être relégué aux étapes les moins rémunératrices des chaînes.
- Compétitivité : il faudra privilégier des politiques favorisant l'innovation et la montée en gamme des productions.
- Création de valeur : l'attractivité des investissements doit être linked à des filières capables de générer des emplois qualifiés.
- Durabilité : la transition écologique doit être intégrée pour répondre aux nouvelles exigences des marchés régionaux et mondiaux.
Implications pour le Plan national de développement 2026-2030
Le prochain Plan national de développement (2026-2030) est présenté comme l'outil stratégique pour inscrire la Tunisie dans cette recomposition. Il doit, selon l'analyse, repenser les moteurs de la croissance en mettant l'accent sur : compétitivité, création de valeur ajoutée, développement du secteur privé, inclusion sociale et réduction des déséquilibres régionaux. L'objectif est d'aboutir à un modèle plus résilient et générateur d'emplois.
La régionalisation des chaînes : risques et opportunités
La régionalisation peut offrir des opportunités de proximité pour les exportations tunisiennes vers l'Europe et les pays voisins, en réduisant les coûts logistiques et les vulnérabilités liées aux longues étapes d'acheminement. En revanche, elle expose aussi aux risques d'exclusion si la montée en gamme ne suit pas : les entreprises restant positionnées sur des segments à faible valeur ajoutée pourraient voir leur accès aux marchés se réduire.
Orientations concrètes mises en avant
Pour tirer parti de cette évolution, l'analyse préconise une série d'orientations stratégiques, sans chiffrer ni détailler des mesures précises : renforcer les capacités productives nationales, favoriser l'innovation, encourager le développement du secteur privé et promouvoir des politiques publiques favorisant l'inclusion et la transition vers des modèles plus durables.
Conclusion
La fragmentation actuelle n'est pas une fatalité mais une opportunité pour les pays capables d'adapter leurs choix de développement. Pour la Tunisie, la réussite dépendra de l'alignement du prochain Plan national de développement avec les nouvelles logiques commerciales régionales et les exigences de durabilité et de valeur ajoutée imposées par les marchés.