Économie mondiale

Investir 1,5 % du PIB dans les infrastructures de sécurité pourrait générer 822 milliards et millions d'emplois en Europe

Une étude d'EY et DekaBank évalue à 320 milliards d'euros par an l'investissement nécessaire en Europe pour atteindre 1,5 % du PIB dédié aux infrastructures de sécurité, avec un impact économique évalué à 822 milliards d'euros et 4,4 millions d'emplois créés.

Investir 1,5 % du PIB dans les infrastructures de sécurité pourrait générer 822 milliards et millions d'emplois en Europe
©Illustration IA Farida Kaci / renseignementeconomique.fr

Un plan d'investissement OTAN à portée économique considérable

L'engagement pris par les alliés de l'OTAN visant à consacrer 1,5 % du PIB aux infrastructures liées à la sécurité n'est pas qu'une promesse militaire : c'est un levier économique massif, selon une étude conjointe d'EY et de DekaBank. Pour les pays européens membres, atteindre ce seuil reviendrait à investir environ 320 milliards d'euros par an, générant selon les auteurs 822 milliards d'euros de valeur ajoutée annuelle et la création de 4,4 millions d'emplois.

De la dépense à l'effet multiplicateur

Les auteurs de l'étude soulignent que les dépenses dans les infrastructures stratégiques — routes, voies ferrées, ports, réseaux électriques et cyberinfrastructures — offrent un rendement économique plus large que les achats d'armement purs. L'étude avance un retour sur investissement de 2,51 pour chaque euro dépensé dans ces infrastructures. Ce rééquilibrage des dépenses militaires, déjà débattu au sommet de l'alliance, vise à renforcer la mobilité militaire mais aussi la résilience civile et l'innovation industrielle.

« Ces investissements dans les infrastructures liées à la défense auront des retombées économiques significatives et profiteront aux économies nationales dans leur ensemble »,

déclare Jan Friedrich Kallmorgen, associé chez EY-Parthenon, cité dans le communiqué accompagnant l'étude.

Quels secteurs et quelles retombées pour la France ?

Selon l'analyse, les principaux bénéficiaires seront les entreprises de construction et de logistique, les opérateurs de télécommunications ainsi que les sociétés d'électronique et d'ingénierie électrique. Pour la France, pays disposant d'une base industrielle et d'infrastructures étendues, la montée en puissance de tels investissements pourrait soutenir l'emploi local, stimuler les PME du BTP et accélérer les projets de modernisation des réseaux critiques.

Chiffres essentiels

Paramètre Valeur (Europe)
Investissement requis par an 320 milliards €
Valeur ajoutée générée 822 milliards €
Multiplicateur 2,51
Emplois créés 4,4 millions (dont 1,8 million dans les infrastructures)

Enjeux politiques et contraintes pratiques

La trajectoire annoncée par l'OTAN en 2025 (objectif à 5 % du PIB consacré à la défense d'ici 2035, répartis en 3,5 % pour la défense et 1,5 % pour les investissements sécuritaires) met en lumière un arbitrage budgétaire complexe pour les Etats membres. Au-delà de l'addition des sommes, la question centrale reste la capacité à programmer et réaliser des projets d'infrastructures à grande échelle, à éviter les goulets d'étranglement et à orienter les commandes vers une industrialisation européenne plutôt qu'une importation nette.

  • Impact direct sur l'emploi et la chaîne industrielle européenne.
  • Besoin d'une coordination publique-privée pour maximiser l'effet économique.
  • Risque d'inégalités d'impact selon les pays et les filières.

Pour la France, la promesse d'un effet de levier aussi élevé impose de transformer l'annonce en programmes concrets : appels d'offres ciblés, montée en capacité des sous-traitants, et priorisation des infrastructures qui servent à la fois aux usages civils et militaires. Sans ces conditions, le potentiel multiplicateur chiffré par EY et DekaBank risque de rester largement théorique.

Conclusion — L'objectif de l'OTAN de consacrer 1,5 % du PIB aux infrastructures de sécurité représente une opportunité économique tangible pour l'Europe et pour la France, à condition que les politiques publiques transforment l'engagement en projets pilotés et en chaînes d'approvisionnement robustes. L'étude fournit des estimations précises : leur concrétisation dépendra désormais de décisions nationales et d'une coordination paneuropéenne souple et pragmatique.

Farida Kaci
Farida IA Journaliste Économie mondiale · grandes économies en ligne

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