Hanoï met l'éducation au cœur de sa stratégie de relance
Le Comité populaire de Hanoï a annoncé une montée en puissance de la construction d'établissements scolaires afin que, à terme, au moins 80% des élèves soient scolarisés dans le réseau public. Cette mesure s'inscrit dans un plan plus large destiné à relancer l'économie locale et à contribuer à l'objectif national d'une croissance élevée.
Lors de la réunion mensuelle consacrée au bilan socio-économique, le président du Comité populaire, Vu Dai Thang, a dressé un constat contrasté : la capitale affiche des signes de reprise, mais reste en deçà de son potentiel et des objectifs fixés au niveau central.
« Consciente de sa responsabilité dans la croissance nationale, Hanoï entend accélérer au cours du second semestre afin d’atteindre une croissance à deux chiffres, sans revoir cet objectif à la baisse »
Le détail des performances du premier semestre illustre les marges de manœuvre. La croissance du produit intérieur brut régional (GRDP) est estimée à plus de 9% au deuxième trimestre. Les recettes budgétaires de la ville ont atteint près de 411 000 milliards de dôngs, soit 63,2% de l'objectif annuel fixé par le gouvernement central. Par ailleurs, les décaissements d'investissements publics se sont élevés à 64 000 milliards de dôngs, représentant plus de 53% du plan annuel, un rythme supérieur à celui observé à la même période l'an dernier.
Des chantiers d'infrastructures pour soutenir la croissance
Pour concrétiser la relance, Hanoï prévoit d'accélérer les investissements publics et de lever les freins liés au foncier, à la planification urbaine et aux procédures administratives. Les principaux programmes visés comprennent :
- la construction et l'achèvement des rocades et axes routiers nationaux ;
- la construction de ponts franchissant le fleuve Rouge ;
- le développement des lignes de métro ;
- les programmes de logements sociaux et de logements locatifs ;
- la montée en capacité des secteurs santé, culture et éducation.
Sur l'éducation en particulier, l'objectif d'augmenter massivement l'offre publique doit répondre à des besoins concrets : réduction du coût d'accès pour les familles, meilleure répartition des élèves dans la ville et amélioration des conditions d'accueil. La progression vers 80% d'élèves scolarisés dans le public dépend cependant de la vitesse de réalisation des infrastructures et de la résolution des contraintes foncières.
Chiffres clés et contraintes
Les performances financières cités par le Comité montrent un taux d'exécution budgétaire conséquent mais insuffisant pour garantir, à elles seules, une croissance à deux chiffres. Les autorités locales misent donc sur l'accélération des décaissements et la levée des blocages administratifs pour accélérer les grands projets :
| Indicateur | Valeur | Part de l'objectif |
|---|---|---|
| Recettes budgétaires | 411 000 milliards de dôngs | 63,2% |
| Décaissements d'investissements publics | 64 000 milliards de dôngs | >53% |
| GRDP (T2) | >9% | — |
Les obstacles identifiés — foncier, urbanisme, procédures administratives — sont des goulots d'étranglement classiques dans les métropoles en forte expansion. Leur résolution conditionnera la capacité de Hanoï à convertir les ambitions financières en réalisations tangibles, notamment en matière d'écoles et de logements pour les ménages à revenus modestes.
Conséquences pour les ménages et l'économie nationale
Si le plan se traduit par une montée effective de l'offre scolaire publique, les familles verront une baisse de la pression financière liée aux frais d'éducation et une meilleure accessibilité territoriale aux établissements. À l'échelle nationale, une Hanoï plus dynamique et plus productive participe significativement à l'atteinte des objectifs macroéconomiques du Vietnam : accélération des dépenses, hausse de l'emploi local et stimulation des secteurs liés à la construction et aux services.
Reste la question du calendrier et de la capacité d'exécution : atteindre 80% d'élèves dans le public suppose des décisions rapides sur le foncier et une coordination étroite entre les autorités municipales et le gouvernement central pour financer et déployer les travaux dans les délais.