Un léger relèvement des plafonds depuis le 1er juillet 2026
Depuis le 1er juillet 2026, les autorités ont relevé les plafonds du taux de l'usure applicables aux crédits immobiliers. Concrètement, les banques disposent désormais d'une marge un peu plus large pour intégrer dans le TAEG les intérêts, l'assurance et les frais annexes sans dépasser le plafond légal. Ce réajustement reste toutefois mesuré et n'entraîne pas de hausse mécanique des offres de marché.
Les nouveaux plafonds : des seuils précis
Les niveaux fixés pour le troisième trimestre 2026 sont les suivants :
- 4,07 % pour les prêts à taux fixe de moins de 10 ans ;
- 4,57 % pour les prêts de 10 à moins de 20 ans ;
- 5,09 % pour les prêts d'une durée de 20 ans et plus ;
- 5,28 % pour les prêts à taux variable ;
- 6,39 % pour les prêts relais.
| Type de prêt | Plafond du taux d'usure (3e trim. 2026) |
|---|---|
| Fixe < 10 ans | 4,07 % |
| Fixe 10 – <20 ans | 4,57 % |
| Fixe ≥ 20 ans | 5,09 % |
| Variable | 5,28 % |
| Prêt relais | 6,39 % |
Pourquoi ce réajustement change la donne pour certains profils
Le taux de l'usure fixe la borne haute du TAEG qu'une banque peut pratiquer. En le relevant légèrement, le régulateur permet aux établissements d'absorber des coûts qui pouvaient auparavant faire dépasser le plafond pour certains dossiers « en limite ». Concrètement, cela peut faciliter l'acceptation de demandes jusqu'ici difficiles à monter :
- les primo-accédants, souvent plus sensibles à chaque euro de mensualité et aux frais annexes ;
- les emprunteurs qui cumulent un prêt à taux zéro (PTZ) avec un crédit principal ;
- les senior·es, pour qui le coût de l'assurance emprunteur pèse davantage sur le TAEG.
Réalité du marché : des taux proposés encore bien en dessous des plafonds
Il est important de distinguer le plafond réglementaire et les conditions effectivement consenties par les banques. Malgré la remontée des seuils, les taux affichés restent nettement plus bas que les plafonds. À titre d'exemple, le taux moyen observé pour un crédit immobilier de 20 ans demeure autour de 3,30 %. Autrement dit, le relèvement du taux d'usure offre une marge technique supplémentaire aux prêteurs sans signifier une généralisation de taux plus élevés pour les emprunteurs en bonne situation.
Conséquences pratiques pour l'emprunteur
Pour un ménage cherchant à acheter, l'effet concret peut être double : d'une part, davantage de dossiers « borderline » peuvent désormais être acceptés ; d'autre part, les conditions de financement restent déterminées par la politique commerciale de chaque banque et par le profil emprunteur. Les ménages concernés gagneront à comparer les propositions et, si besoin, à revoir l'assurance emprunteur ou la structuration des prêts (durée, complément de PTZ) pour optimiser leur TAEG.
En synthèse
Le relèvement des plafonds du taux d'usure au 1er juillet 2026 est une mesure technique qui rend possible l'octroi de crédits plus complexes sans enfreindre la réglementation. C'est une bonne nouvelle pour certains profils fragiles mais pas une révolution du marché : les taux bancaires proposés continuent de s'aligner sur la concurrence et sur la situation financière des emprunteurs, et restent pour l'instant nettement inférieurs aux plafonds.