Les ménages doivent s’attendre à payer davantage pour leurs courses dans les prochaines semaines : l’augmentation marquée du prix du diesel va se répercuter sur la chaîne alimentaire et faire grimper certains prix en magasin, avertit un spécialiste de l’industrie agroalimentaire.
Une corrélation très forte entre carburant et alimentation
Selon Sylvain Charlebois, chercheur à l’Université Dalhousie, la relation entre l’évolution du prix du carburant et celle des prix alimentaires se traduit par une corrélation de 0,88 — un niveau proche d’une relation parfaite. Concrètement, cela signifie que la majorité des variations du coût des aliments s’expliquent par les coûts énergétiques dans la chaîne d’approvisionnement.
Quand et comment vous le ressentirez
Le spécialiste estime que les premiers effets seront visibles d’ici quatre à six semaines. Les denrées les plus exposées sont celles qui nécessitent une chaîne du froid et des transports fréquents : fruits et légumes — oignons, brocoli, chou‑fleur, concombres sont cités comme particulièrement vulnérables. À l’approche de l’hiver et des fêtes, la consommation d’énergie pour le transport et le stockage frigorifique augmente, amplifiant l’impact du carburant.
« On va voir l’automne arriver la semaine prochaine, l’hiver s’en vient, on va transporter de plus en plus de produits au sein de la chaîne froide. En plus, c’est une chaîne archi énergivore, donc on a besoin de plus de diesel. »
Combien cela pèse sur l’inflation ?
Avec les prix actuels, l’impact du seul diesel sur l’inflation alimentaire est estimé à 0,6 % d’ici décembre. Pour un foyer, cela se traduit par une augmentation réelle de la facture d’épicerie : selon votre budget, 0,6 point d’inflation peut signifier plusieurs euros par semaine sur le panier moyen — un effet qui s’ajoute à d’autres pressions déjà présentes sur le pouvoir d’achat.
Des coûts de carburant multipliés pour les agriculteurs
Les exploitants qui récoltent en ce moment doivent faire face à une envolée de leurs frais de carburant : d’après l’expert, ils dépensent environ trois fois plus qu’il y a un an. Ces surcoûts se répercutent tout au long de la filière et finissent par se retrouver dans les prix payés par les consommateurs.
- Produits les plus affectés : fruits et légumes frais (transport frigorifique).
- Horizon : effets attendus dans 4–6 semaines.
- Impact estimé : +0,6 % sur l’inflation alimentaire d’ici décembre.
| Indicateur | Valeur citée |
|---|---|
| Corrélation carburant / prix alimentaires | 0,88 |
| Délai d’apparition des effets | 4–6 semaines |
| Impact estimé sur l’inflation alimentaire | 0,6 % |
| Multiplicateur du coût carburant pour les agriculteurs | x3 |
Le spécialiste mentionne aussi des facteurs géopolitiques susceptibles d’aggraver la situation, comme la situation en Ukraine et des tensions autour du détroit d’Ormuz, qui pèsent sur les marchés énergétiques. Pour les consommateurs, cela signifie que la pause observée cet été dans l’inflation alimentaire pourrait s’achever : octobre, novembre et décembre s’annoncent plus difficiles pour le pouvoir d’achat.
Face à cette perspective, les foyers déjà contraints par un budget serré devront surveiller leurs habitudes d’achat et comparer davantage les prix. Pour les autorités et la filière, la question sera de limiter la transmission des surcoûts aux consommateurs et d’accompagner les producteurs confrontés à une hausse spectaculaire du prix du carburant.