Un décollage des prix qui dépasse l'inflation
En Belgique, les prix de l'eau de distribution et de l'assurance habitation ont augmenté nettement plus vite que l'indice-santé depuis 1996, selon une note citée par Trends-Tendances. Sur trente ans, le prix de l'eau a progressé 1,8 fois plus vite que l'indice-santé, et l'assurance habitation 1,5 fois plus vite. Ces évolutions traduisent des pressions structurelles liées aux investissements nécessaires et à l'augmentation des risques assurantiels.
Des dépenses qui pèsent davantage sur le budget des ménages
La part des assurances logement dans la consommation des ménages a presque doublé entre 1996 et 2024 : de 0,85 % à 1,61 %. Pour l'eau, la part est restée relativement stable (de 0,42 % à 0,45 %), mais cela masque une hausse du prix unitaire compensée par une réduction de la consommation moyenne.
- En 2024, un ménage belge dépensait en moyenne 197 € pour l'eau de distribution.
- La dépense moyenne pour les assurances logement atteignait 713 € par an.
Ces montants pèsent proportionnellement davantage sur les ménages aux revenus les plus faibles, soulignant un enjeu de justice sociale alors que ces biens sont essentiels.
« Et cela ne fait que commencer ! »
Cette mise en garde, formulée par l'économiste Philippe Defeyt, signale que les dynamiques observées pourraient s'amplifier. Plusieurs facteurs expliquent pourquoi ces postes pourraient encore grimper.
Facteurs d'une inflation persistante : réseaux, assainissement, climat
Pour l'eau, les besoins d'investissement sont importants : interconnexion des réseaux, réduction des fuites, traitements des polluants (pesticides) et développement du recyclage des eaux urbaines. Paradoxalement, l'utilisation accrue d'eau de pluie pour certains usages pourrait, toutes choses égales par ailleurs, augmenter le coût unitaire de l'eau distribuée, note l'auteur de la note citée.
Du côté des assurances, l'élévation des risques liés au changement climatique, les coûts de réparation et l'évolution de la fiscalité pèsent aussi. La taxe annuelle sur les opérations d'assurance en Belgique est passée de 9,25 % à 9,60 % au 1er juillet 2026, ce qui alourdit mécaniquement le coût pour les assurés.
Risque de renchérissement différencié et conséquences politiques
La combinaison de besoins d'investissements techniques et de paramètres fiscaux crée un risque de renchérissement qui ne se répartira pas uniformément. Les ménages modestes, supportant déjà une part plus élevée de leurs revenus pour ces dépenses, sont les plus vulnérables. Pour les autorités publiques, la question est de concilier la nécessité d'investir dans les infrastructures et les réseaux avec des mécanismes d'accompagnement tarifaire ou social.
| Poste | 1996 (part de la conso) | 2024 (part de la conso) |
|---|---|---|
| Assurance logement | 0,85 % | 1,61 % |
| Eau de distribution | 0,42 % | 0,45 % |
La trajectoire belge offre une photographie utile pour la France et d'autres pays européens : elle illustre combien des dépenses que l'on croyait marginales peuvent, à terme, devenir des éléments structurants du budget des ménages. Elle invite aussi les décideurs à anticiper les effets redistributifs des politiques tarifaires, fiscales et des investissements dans les réseaux.