Réforme fiscale ciblée : qui gagne, qui paie
Le Premier ministre Donald Tusk a annoncé mercredi une modification simultanée des impôts sur le revenu des personnes physiques et de l'impôt sur les sociétés. L'objectif affiché est de réduire la charge fiscale pesant sur la classe moyenne tout en préservant l'équilibre budgétaire en faisant contribuer davantage les très grandes entreprises.
Les mesures annoncées
- Relèvement du seuil de la deuxième tranche d'imposition sur le revenu : de 120 000 zlotys actuellement à 130 000 zlotys.
- Création d'un nouveau taux intermédiaire : 24 % pour les revenus compris entre 130 000 et 150 000 zlotys.
- Maintien du taux supérieur de 32 % pour les revenus supérieurs à 150 000 zlotys.
- Augmentation de l'impôt sur les sociétés pour les entreprises dont le chiffre d'affaires dépasse 50 millions d'euros : passage de 19 % à 22 %.
Chiffres clés
| Élément | Avant | Après |
|---|---|---|
| Seuil 2e tranche IR | 120 000 zlotys | 130 000 zlotys |
| Taux intermédiaire IR | — | 24 % (130 000–150 000 zlotys) |
| Taux supérieur IR | 32 % (>120 000 zlotys) | 32 % (>150 000 zlotys) |
| IS pour CA >50 M€ | 19 % | 22 % |
Contexte et justification
Depuis 2022, les tranches d'imposition polonaises étaient gelées tandis que les salaires augmentaient rapidement. Résultat : des millions de contribuables de la classe moyenne ont été entraînés dans la tranche supérieure. La baisse d'impôt sur le revenu pour cette catégorie figurait parmi les engagements électoraux majeurs de la Coalition civique en 2023.
« Les changements proposés aujourd'hui s'équilibrent plus ou moins. C'est probablement la première modification du système fiscal depuis de nombreuses années qui ne coûte rien au budget, mais qui est neutre sur le plan budgétaire », a déclaré le ministre des Finances Andrzej Domanski.
Conséquences prévisibles
Sur le plan microéconomique, la hausse du seuil et l'instauration d'un taux intermédiaire doivent alléger l'impôt effectif pour une part significative de la classe moyenne. Sur le plan macroéconomique, le relèvement de l'IS ciblé sur les entreprises réalisant plus de 50 millions d'euros de chiffre d'affaires vise à compenser le manque à gagner pour les finances publiques.
Reste à voir comment les groupes internationaux et les chaînes de valeur installées en Pologne réagiront à une taxation effective portée à 22 % pour les plus grandes sociétés, et si cette mesure influera sur les décisions d'investissement. Le taux et le seuil retenus seront aussi scrutés par Bruxelles et par les investisseurs, dans un contexte européen où la compétition fiscale reste un enjeu stratégique.