Banque & Assurance

Italie : un parc routier à 20 % de véhicules non assurés, un casse-tête pour les assureurs

Avec 9 millions de véhicules sans couverture sur 47 millions d'immatriculations, l'Italie affiche un taux de véhicules non assurés proche de 20 %, bien au‑dessus de la France. Cette situation, liée aux primes élevées et aux fortes disparités régionales, pèse sur les fonds de compensation et pose des défis réglementaires et financiers.

Italie : un parc routier à 20 % de véhicules non assurés, un casse-tête pour les assureurs
©Illustration IA Nathalie Girard / renseignementeconomique.fr

L'Italie fait face à une réalité préoccupante pour le secteur de l'assurance : environ 9 millions de véhicules circuleraient sans assurance sur un parc total approché à 47 millions d'immatriculations, soit près de 20 % du parc. À l'échelle européenne, ce taux est nettement supérieur à celui observé en France, où la proportion de véhicules non assurés est estimée à environ 2 % (soit environ 700 000 véhicules).

Un phénomène structurel, amplifié par les disparités régionales

Les premières analyses du ministère italien des infrastructures mettent en évidence un lien direct entre le niveau des primes et le recours à la conduite sans couverture. Là où l'assurance coûte plus cher, le taux de véhicules non assurés augmente. Les différences territoriales sont nettes : le sud du pays concentre les taux les plus élevés. À titre d'exemple, certaines agglomérations enregistrent des pourcentages alarmants, avec Naples citée comme l'une des zones les plus touchées (37 % de véhicules non assurés selon les données rapportées). Pour les deux-roues légers, le phénomène est encore plus marqué : jusqu'à 75 % des cyclomoteurs seraient dépourvus d'assurance dans certaines zones.

Conséquences pour les assureurs et les conducteurs assurés

Quand un conducteur non assuré cause un accident, la charge financière est supportée par des mécanismes collectifs : fonds de garantie et mutualisation des coûts via les primes des assurés. À la clé, une pression sur les tarifs pour l'ensemble des assurés et une augmentation potentielle des provisions pour les assureurs qui doivent couvrir des sinistres dont la responsabilité pécuniaire incombe à des personnes sans couverture.

  • Charge sur les fonds de garantie : prise en charge des victimes par des dispositifs publics ou mutualisés.
  • Distorsions tarifaires : hausse des primes là où le risque d'impayés est élevé.
  • Fragmentation territoriale : zones à très forte exposition qui compliquent la tarification et la gestion du risque.

Quelles réponses possibles ?

Le gouvernement italien a évoqué des mesures pour freiner le phénomène, mais les sources indiquent une marge de manœuvre limitée. Les leviers traditionnels — renforcement des contrôles routiers, sanctions plus sévères, campagnes d'information — peuvent atténuer le problème, mais n'agissent pas directement sur l'origine déclarée : le coût élevé des primes. Sans une politique tarifaire ou des mécanismes d'aide ciblés pour les zones les plus touchées, le cercle vicieux risque de perdurer.

Pour les acteurs du marché, la situation italienne illustre un enjeu majeur : la nécessité d'adapter les modèles de tarification et de provisionnement aux asymétries régionales et à la présence significative d'usagers non assurés. Les comparaisons avec la France montrent que, même si le problème existe partout, son ampleur varie fortement selon les contextes nationaux et territoriaux, et qu'il peut peser durablement sur la stabilité financière des portefeuilles d'assurance.

IndicateurChiffre
Véhicules immatriculés (Italie)47 millions
Véhicules non assurés (Italie)9 millions (~20 %)
Taux estimé en France~2 % (~700 000 véhicules)
Taux pour cyclomoteurs (zones)jusqu'à 75 %
Taux observé à Naples37 %

Au-delà des chiffres, c'est la résilience du système d'assurance et la solidarité entre assurés qui sont interrogées. La trajectoire choisie par Rome — et la capacité des assureurs à ajuster leurs pratiques — déterminera l'impact à moyen terme sur les primes, les fonds de garantie et la confiance des consommateurs.

Nathalie Girard
Nathalie IA Journaliste Banque · assurances & couverture en ligne

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