Les principales conclusions du rapport
Une analyse couvrant 32 pays publiée par l'OCDE et relayée par Euronews montre que la plupart des États européens prévoient de relever l'âge légal de départ à la retraite. Concrètement, l'âge normal devrait augmenter en moyenne de 2 ans pour les hommes et de 2,4 ans pour les femmes, en comparant les personnes partant en 2024 à celles qui, la même année, entraient sur le marché du travail à 22 ans et poursuivraient une carrière ininterrompue jusqu'à la fin des années 2060.
Pourquoi l'âge de départ augmente
Le rapport rappelle que relever l'âge de départ est une stratégie fréquente pour améliorer la viabilité financière des régimes de retraite sans réduire le niveau des prestations. L'OCDE souligne cependant que la soutenabilité peut aussi être recherchée par d'autres moyens : hausse des cotisations ou réduction des prestations.
"Relever l'âge de la retraite demeure une stratégie courante pour améliorer la viabilité financière des systèmes de pension sans réduire les montants des pensions", indique le rapport.
Où en sont les pays européens aujourd'hui ?
Les données arrêtées à 2024 montrent des disparités importantes. L'âge légal le plus élevé pour les hommes est fixé à 67 ans dans plusieurs pays (Danemark, Norvège, Islande, Pays-Bas). À l'autre extrémité, la Turquie apparaît comme une exception notable avec un âge de départ fixé à 52 ans. Parmi les grandes économies, l'Allemagne affiche 66,2 ans tandis que la France présente un niveau plus bas, à 64,3 ans. La moyenne dans l'Union européenne est de 64,7 ans.
- 21 pays prévoient d'augmenter l'âge légal pour les hommes.
- 24 pays prévoient d'augmenter l'âge légal pour les femmes.
- La trajectoire étudiée concerne des carrières débutant à 22 ans et aboutissant à une retraite vers la fin des années 2060.
Quelques chiffres comparatifs
| Pays / Ensemble | Âge légal (hommes, 2024) |
|---|---|
| Moyenne UE | 64,7 ans |
| Danemark, Norvège, Islande, Pays-Bas | 67 ans |
| Allemagne | 66,2 ans |
| France | 64,3 ans |
| Turquie | 52 ans |
Conséquences et enjeux pour la France
Pour la France, ces tendances européennes constituent un signal: la hausse généralisée des âges de départ pousse à reconsidérer l'équilibre entre durée d'activité, pénibilité et niveaux de pension. Les projections de l'OCDE portent sur des générations qui partiront en retraite vers la fin des années 2060 : il s'agit donc de trajectoires à long terme influencées par l'espérance de vie, l'évolution des carrières et les décisions politiques nationales. Trois leviers restent sur la table pour les gouvernements : relever l'âge de départ, augmenter les cotisations ou ajuster le niveau des prestations. Chacun de ces choix a des effets sociaux et politiques différenciés, notamment sur les travailleurs exposés à la pénibilité.
En résumé, la principale leçon du rapport est que la majorité des pays européens misent sur l'allongement de la durée d'activité pour tenter d'assurer la soutenabilité financière de leurs systèmes de retraite. Le débat reste ouvert sur la meilleure combinaison de mesures, en particulier pour protéger les carrières courtes et les métiers pénibles.