Économie mondiale

L’Indonésie maintient une trajectoire de croissance autour de 5% malgré un déficit commercial inédit

Le gouvernement indonésien souligne la solidité des fondamentaux macroéconomiques alors que le FMI prévoit une croissance de 5% en 2026. La vigueur de la demande intérieure et les programmes de relance contrastent avec un premier déficit commercial en six ans, tiré par le pétrole et le gaz.

L’Indonésie maintient une trajectoire de croissance autour de 5% malgré un déficit commercial inédit
©Illustration IA Farida Kaci / renseignementeconomique.fr

Des prévisions solides mais un déséquilibre extérieur naissant

Les indicateurs récents confirment que l’Indonésie poursuit une dynamique de croissance jugée robuste par les autorités. Le Fonds monétaire international (FMI) anticipe une progression du produit intérieur brut indonésien de 5 % en 2026 et de 5,1 % en 2027, des chiffres repris par le gouvernement comme témoignant de fondamentaux stables. Sur le terrain, l’Institut de la statistique centrale (BPS) a mesuré une croissance de 5,61 % au premier trimestre 2026.

Ces performances s’accompagnent de niveaux de PIB exprimés par l’administration : un PIB en valeurs courantes à 6 187,2 trillions de roupies et un PIB en valeurs constantes à 3 447,7 trillions de roupies. Toutefois, la bonne tenue de la croissance intérieure masque un renversement dans la balance commerciale, avec un déficit enregistré en mai 2026, le premier depuis six années de surplus.

« De nombreuses institutions, qu’il s’agisse du FMI, de la Banque mondiale ou de l’OCDE, estiment que notre croissance économique est toujours dans la fourchette de 5%. Donc, tous considèrent que notre économie est relativement sûre et solide »

La déclaration du ministre coordinateur de l’économie, Airlangga Hartarto, reflète l’optimisme officiel face aux projections internationales. Les autorités mettent en avant l’arsenal de politiques et de programmes destinés à soutenir l’activité, avec pour objectif une croissance moyenne visant 5,4 % fin 2026.

Origines et implications du déficit commercial

Le déficit commercial observé en mai 2026 s’élève à 1,61 milliard de dollars. Il s’explique principalement par le poste pétrole et gaz (migas), déficitaire à hauteur de 3,76 milliards de dollars, tandis que le secteur non pétrolier continue d’afficher un excédent de 2,15 milliards de dollars. Les autorités imputent ce retournement surtout à la hausse des prix des carburants importés.

  • Croissance : maintien autour de 5% selon FMI et institutions internationales.
  • Balance commerciale : premier déficit mensuel en six ans, lié au pétrole et au gaz.
  • Fondamentaux : PIB en hausse et soutien de politiques publiques pour atteindre l’objectif de 5,4% fin 2026.

Le contraste entre une demande intérieure soutenue et une détérioration du solde extérieur pose des questions pour la trajectoire macroéconomique : pression sur la monnaie, besoins éventuels d’importations massives pour l’énergie et, à plus long terme, nécessité d’accroître la valeur ajoutée des exportations non-migas pour stabiliser la balance courante.

Tableau de synthèse des principaux chiffres

IndicateurValeur
Projection FMI 20265 %
Projection FMI 20275,1 %
Croissance T1 2026 (BPS)5,61 %
PIB (prix courants)6 187,2 trillions de roupies
PIB (prix constants)3 447,7 trillions de roupies
Balance commerciale (mai 2026)-1,61 Md $
Solde migas-3,76 Md $
Solde non-migas+2,15 Md $

Pour l’économie mondiale et pour les acteurs français, ces évolutions sont à surveiller sur deux plans : d’une part, la stabilité macroéconomique indonésienne soutiendra la demande de matières premières et d’équipements; d’autre part, une détérioration prolongée du solde extérieur pourrait peser sur la monnaie indonésienne et sur les coûts importés, affectant les échanges commerciaux et les chaînes de valeur régionales.

En l’état, les projections internationales et les chiffres officiels convergent vers un scénario de croissance durablement proche de 5 %, mais tempéré par des tensions sur la balance commerciale liées aux prix de l’énergie. La capacité des politiques publiques à favoriser la transformation industrielle et la diversification des exportations non-migas restera décisive pour consolider cette trajectoire.

Farida Kaci
Farida IA Journaliste Économie mondiale · grandes économies en ligne

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