Inflation annuelle en baisse mais au‑dessus de la cible
En juin, l'Institut brésilien de statistique a annoncé que l'inflation sur 12 mois s'établissait à 4,64 %, contre 4,72 % en mai. Ce ralentissement modeste est principalement dû à un recul des prix des aliments et des carburants, éléments qui pèsent fortement sur le budget des ménages.
Un mois plus calme, mais des marges serrées
Sur un mois, l'inflation a été mesurée à 0,16 % en juin, bien en dessous du taux de 0,58 % observé en mai. Les statistiques montrent une baisse mensuelle des prix alimentaires de 0,24 %. Parmi les postes qui ont reculé figurent le café (-3,72 %), les fruits (-1,58 %) et la viande (-0,64 %).
Carburants et politique publique
Le prix des carburants a, lui aussi, marqué un retrait en juin (-0,48 %). Le gouvernement avait mis en place des subventions pour limiter la hausse des prix à la pompe ; ces aides devaient initialement prendre fin cette semaine, mais le ministre des Finances, Dario Durigan, a annoncé leur prolongation en raison de la reprise des hostilités entre les États‑Unis et l'Iran, conflit qui perturbe l'approvisionnement mondial en pétrole à cause du blocage du détroit d'Ormuz.
Des taux élevés malgré trois baisses récentes
La Banque centrale brésilienne a procédé à sa troisième baisse consécutive de son taux directeur à la mi‑juin, une manœuvre destinée à soutenir la croissance. Toutefois, le taux reste fixé à un niveau très élevé, 14,25 %, l'un des plus élevés au monde. Ce maintien à un niveau élevé des taux d'intérêt est un frein à l'investissement et à la croissance, motif de préoccupation pour le président Luiz Inacio Lula da Silva.
Conséquences politiques et économiques
Pour Lula, qui compte briguer un nouveau mandat en octobre, la maîtrise du coût de la vie demeure un enjeu électoral majeur : la baisse récente de l'inflation constitue une bonne nouvelle, mais le fait qu'elle reste au‑dessus de la fourchette cible des autorités (1,5 % à 4,5 %) limite l'effet rassurant. Sur le plan macroéconomique, la conjonction d'un taux directeur élevé et d'une inflation encore excessive pose un dilemme classique entre lutte contre l'inflation et relance de la croissance.
- Inflation annuelle : 4,64 % (juin)
- Inflation mensuelle : 0,16 % (juin)
- Taux directeur : 14,25 %
| Période | Inflation |
|---|---|
| Mai (annuel) | 4,72 % |
| Juin (annuel) | 4,64 % |
| Juin (mensuel) | 0,16 % |
Au‑delà des chiffres, le scénario géopolitique pèse : une détérioration de la situation au Moyen‑Orient pourrait relancer les prix de l'énergie et remettre en cause la faiblesse ponctuelle observée sur les carburants. Les autorités brésiliennes, en prolongeant les subventions, cherchent à amortir cet effet pour les ménages, mais cela alourdit la facture publique et complique la gestion macroéconomique.