Le Maroc consolide son attractivité face aux incertitudes mondiales
Le rapport « Investissement mondial 2026 », publié par la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED), dresse un bilan favorable pour le Maroc en 2025. Les flux d'investissements directs étrangers vers le royaume ont enregistré une hausse significative de 91 %, atteignant 3,3 milliards de dollars contre 1,74 milliard l’année précédente. Ce rebond s'inscrit dans un contexte international marqué par l'incertitude économique et des tensions géopolitiques persistantes.
La CNUCED met en avant plusieurs facteurs expliquant cette progression : la diversification productive du Maroc, l'essor de secteurs à plus forte valeur ajoutée — notamment l'automobile et l'industrie manufacturière — et des améliorations continues des infrastructures et du climat des affaires. Pour la CNUCED, ces éléments ont rendu le royaume plus résilient et attractif pour les investisseurs internationaux.
Des chiffres qui rendent le Maroc stratégique pour la région
Au-delà des flux annuels, le rapport souligne l'augmentation du stock cumulé d'IDE au Maroc, qui a progressé de 25,2 % pour dépasser 80 800 millions de dollars (soit 48,7 % du produit intérieur brut). Autre indicateur mis en lumière : la contribution des IDE à la formation brute de capital fixe est montée à 7,5 % en 2025, contre 4,2 % l'année précédente, traduisant un rôle croissant des capitaux étrangers dans le financement des investissements productifs.
| Indicateur | 2024 | 2025 |
|---|---|---|
| Flux d'IDE (en milliards USD) | 1,74 | 3,3 |
| Stock cumulé d'IDE (en millions USD) | — | 80 800 |
| IDE / PIB | — | 48,7 % |
| Contribution des IDE à la FBCF | 4,2 % | 7,5 % |
Un poids industriel croissant, attractivité pour les constructeurs
La montée en puissance du secteur automobile est particulièrement soulignée. Le rapport cite, parmi les principaux projets d'investissement en Afrique, un engagement de Stellantis portant sur la fabrication de véhicules, estimé à environ 1,5 milliard de dollars. Pour les économies et entreprises françaises, un tel positionnement du Maroc renforce les liens industriels et logistiques dans la région : chaînes d'approvisionnement, sous-traitance, et plateformes d'exportation vers l'Europe.
Conséquences pour la France et perspectives
Pour la France, voisine économique et première partenaire commercial de la région MENA sur plusieurs segments, la dynamique marocaine présente des opportunités et des défis. D'un côté, la progression des IDE et la présence de grands groupes européens peuvent ouvrir de nouvelles niches pour les fournisseurs français et renforcer les flux d'investissement sortants. De l'autre, l'amélioration du climat des affaires au Maroc intensifie la concurrence régionale pour attirer les sièges, les centres logistiques ou les investissements à valeur ajoutée.
- Opportunité : accroissement des marchés pour les équipementiers et fournisseurs liés à l'automobile.
- Risque : déplacement potentiel de certaines activités vers des sites marocains compétitifs en coûts et infrastructures.
- Perspective : nécessité pour les acteurs français d'adapter leurs stratégies d'investissement et de coopération régionale.
Le rapport de la CNUCED rend clair que, malgré un environnement mondial tendu, des politiques publiques ciblées et des projets industriels ambitieux peuvent attirer des capitaux significatifs. Pour les décideurs économiques français et les groupes présents en Afrique du Nord, l'enjeu est désormais d'en tirer parti tout en préservant les chaînes de valeur et les emplois au bénéfice des deux rives.