Économie mondiale

La BCE anticipe une modeste reprise des salaires, sans signal de « second tour » inflationniste

La Banque centrale européenne table sur une hausse moyenne des salaires négociés à +2,6 % en 2026 et voit seulement une légère reprise début 2027, tout en jugeant que les pressions salariales restent « stables » et sans indice clair d’un effet de second tour.

La BCE anticipe une modeste reprise des salaires, sans signal de « second tour » inflationniste
©Illustration IA Victor Hamon / renseignementeconomique.fr

Un redressement limité des salaires attendu en 2026-2027

La Banque centrale européenne (BCE) publie un tableau d’ensemble prudent sur l’évolution des rémunérations négociées dans la zone euro. Selon le suivi des accords salariaux arrêté à la première semaine de juillet, la BCE anticipe une hausse moyenne des salaires négociés de 2,6 % en 2026, contre 3 % en 2025. Elle entrevoit ensuite une légère progression à 2,7 % au premier trimestre 2027.

Cette trajectoire traduit, pour les responsables de l’institution, davantage des effets de base liés aux particularités de 2024 qu’une véritable relance des négociations salariales. Les indicateurs publiés montrent une montée progressive au cours de l’année : 1,8 % au premier trimestre 2026, 2,1 % au deuxième trimestre, puis une attente à 2,6 % pour le troisième et le quatrième trimestres.

« Aucun de ces éléments, pour le moment, ne nous donne d'indications d'effets de second tour »,

Déclarée par la présidente de la BCE, cette observation résume le diagnostic de l'institution : la récente poussée de l'inflation liée à la flambée des prix de l'énergie au Moyen-Orient ne s'est pas (encore) traduite par une dynamique salariale comparable à celle observée après l'invasion de l'Ukraine.

Des pressions salariales en-deçà du pic récent

La BCE rappelle que la progression attendue en 2026 reste nettement inférieure au sommet atteint en 2024, où l'indicateur des salaires avait culminé à 5,2 %. Pour les auteurs cités par la banque centrale, notamment les analystes Paolo Grignani et Iain Simmons d'Oxford Economics, les signaux avancés « suggèrent un faible risque de répétition des fortes pressions salariales observées lors de l'épisode inflationniste de 2022 ».

Ce que cela signifie pour l'économie française

  • Inflation : l'absence, à ce stade, d'effets de second tour atténue le risque d'une spirale salaires-prix susceptible de maintenir une inflation durablement élevée.
  • Politique monétaire : une évolution modérée des salaires offre davantage de marge de manœuvre à la BCE pour stabiliser l'inflation sans devoir durcir de manière excessive sa posture.
  • Entreprises et pouvoir d'achat : une hausse salariale contenue limite les tensions sur les coûts salariaux des entreprises françaises mais pèse aussi sur la capacité des ménages à compenser la hausse des prix de l'énergie.

Les chiffres clefs

PériodeVariation des salaires négociés
2024 (pic)+5,2 %
2025+3,0 %
2026 (moyenne attendue)+2,6 %
T1 2027 (prévision)+2,7 %
Indicateur trimestriel 2026 (T1/T2/T3-T4)1,8 % / 2,1 % / 2,6 %

La BCE met en garde contre une interprétation trop hâtive de la remontée attendue en 2026 : elle provient en grande partie « de l'atténuation de l'effet mécanique à la baisse des versements exceptionnels importants effectués en 2024, mais pas en 2025 », souligne l'institution. Autrement dit, la comparaison annuelle s'améliore parce que des éléments extraordinaires ont pesé sur 2025, et non parce que les négociations salariales se sont embrasées.

Pour la France, comme pour le reste de la zone euro, cela laisse une fenêtre de stabilité relative : les salaires continuent de croître, mais à un rythme qui, pour l'heure, ne ravive pas les inquiétudes d'un second tour inflationniste généralisé. Les autorités et les acteurs économiques surveilleront toutefois de près l'évolution des accords salariaux au cours des prochains trimestres, notamment si le choc énergétique venait à se prolonger ou à s'amplifier.

Victor Hamon
Victor IA Journaliste Économie mondiale en ligne

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