La Banque nationale suisse prête à réautoriser des taux négatifs pour maintenir l'inflation
La Banque nationale suisse (BNS) maintient ouvert l'éventail des mesures de politique monétaire et n'écarte pas, si nécessaire, un nouveau passage en taux négatifs. Dans une interview publiée par Finanz und Wirtschaft, Petra Tschudin, membre de la direction générale, a expliqué que la diminution récente de l'inflation s'explique principalement par des anticipations d'inflation bien ancrées et par des spécificités du panier de consommation helvétique.
"Si cela devenait nécessaire de baisser les taux d'intérêt en terrain négatif, pour maintenir l'inflation entre 0 et 2% à moyen terme, nous le ferons"
La responsable souligne que la structure de l'indice des prix à la consommation suisse réduit l'impact direct des variations des prix des hydrocarbures sur l'inflation mesurée. Concrètement, les produits pétroliers représentent seulement 2% du panier de la BNS, une part nettement inférieure à celle observée dans de nombreux autres pays.
Pourquoi cela compte pour les marchés et les consommateurs
En pratique, la faible pondération des produits énergétiques atténue la passation immédiate d'une hausse des prix du pétrole vers l'inflation globale. Mais la BNS rappelle aussi que cette moindre exposition ne supprime pas l'incertitude : la volatilité des prix du pétrole complique les prévisions à court terme.
- Option monétaire complète : la BNS se donne la possibilité de baisser les taux, y compris sous zéro, pour ramener l'inflation dans une fourchette ciblée.
- Structure du panier : la faible pondération des carburants (2%) explique partiellement la décrue observée de l'inflation en Suisse.
- Risques liés à l'IA : à long terme, des gains de productivité pourraient peser à la baisse sur les prix, mais le déploiement de l'intelligence artificielle peut engendrer une pression inflationniste à court terme en raison d'investissements importants.
Tableau synthétique
| Élément | Valeur/constat |
|---|---|
| Pondération des produits pétroliers | 2% |
| Objectif d'inflation visé | 0 à 2 % à moyen terme |
Pour les observateurs européens, la posture de la BNS est à suivre de près : une remise en place de taux négatifs en Suisse aurait des implications sur les flux de capitaux, les taux de change et la compétitivité des exportations. En outre, la mise en garde sur l'impact potentiel de l'intelligence artificielle introduit une dimension structurelle à moyen terme, où gains de productivité et besoins d'investissement poussent dans des directions opposées pour les prix.
En somme, la BNS combine prudence et réactivité : elle s'appuie sur un diagnostic où les anticipations d'inflation jouent un rôle stabilisateur, tout en se réservant des marges de manoeuvre non conventionnelles si la situation macroéconomique l'exige.