Position ferme d'une voix influente au sein de la Fed
La présidente de la Réserve fédérale de Cleveland, Beth Hammack, a demandé jeudi un relèvement immédiat des taux directeurs pour contenir une inflation qu'elle juge encore trop élevée et limiter une dynamique de croissance qui, selon elle, pourrait alimenter une nouvelle pression sur les prix. Son intervention, prononcée lors d'un discours devant la Chambre de commerce et de l'industrie à Dayton (Ohio), illustre la persistance d'un courant hawkish au sein de la banque centrale américaine.
Hammack, membre du comité de politique monétaire (FOMC), fait partie des trois voix qui, le mois précédent, avaient voté en faveur d'une hausse de 25 points de base. Elle avertit que la vigueur des entreprises, qui cherchent à emprunter et investir, peut à son tour nourrir l'inflation si elle n'est pas modérée par une politique monétaire plus restrictive.
"Lorsque je m'entretiens avec des entreprises, je constate qu'elles sont impatientes de lever des fonds et d'emprunter afin de pouvoir continuer à investir"
Dans son raisonnement, Hammack met en avant deux risques : d'une part, une croissance trop forte qui exercerait une "pression supplémentaire sur la hausse des prix" ; d'autre part, l'incapacité des taux actuels à ramener l'inflation à l'objectif de 2%. Elle rappelle que l'inflation demeure encore supérieure à ce niveau depuis plusieurs années, malgré un ralentissement récent.
Contexte chiffré
Les dernières publications donnent un éclairage contrasté : l'inflation CPI annuelle a ralenti à 3,4% en juillet, tandis que l'indice des prix à la production (PPI) ressort à 4,7% en rythme annuel, après 5,5% en juin. La Fed a, pour l'heure, maintenu sa fourchette cible des "fed funds" à 3,50%-3,75%.
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| CPI (juillet, annuel) | 3,4% |
| PPI (juillet, annuel) | 4,7% |
| Objectif d'inflation Fed | 2% |
| Fourchette des fed funds | 3,50% - 3,75% |
- Hammack estime que les entreprises empruntent massivement pour investir, ce qui peut entretenir l'inflation.
- Elle fait partie des trois membres du FOMC favorables à une hausse de 25 points de base le mois dernier.
- Les données récentes montrent un ralentissement de l'inflation, mais pas encore un retour à l'objectif.
La prise de position de Beth Hammack risque d'alimenter le débat au sein du FOMC sur la nécessité d'un nouvel ajustement des taux. Pour les acteurs économiques et financiers, la question centrale demeure l'équilibre entre freiner l'inflation et ne pas étouffer une croissance jugée encore robuste par certains chefs d'entreprise.