Énergie

Le solaire a limité les pannes pendant les canicules, mais reste insuffisant la nuit

Une étude d'Ember montre que la production solaire a bondi jusqu'à +17 % pendant les vagues de chaleur européennes, compensant partiellement la baisse des centrales nucléaires et thermiques. Le constat soulève des opportunités mais aussi des limites pour la sécurité du réseau et la facture des Français.

Le solaire a limité les pannes pendant les canicules, mais reste insuffisant la nuit
©Illustration IA Inès Briand / renseignementeconomique.fr

Le solaire a joué un rôle clé lors des pics de chaleur en Europe

Pendant les vagues de chaleur de fin juin et juillet, l'énergie solaire s'est révélée être la seule filière électrique à produire plus que d'habitude dans plusieurs pays européens, selon une étude publiée le 13 août par le think tank Ember. Cette hausse de production a aidé à absorber l'augmentation spectaculaire de la demande, mais n'efface pas les vulnérabilités structurelles du système électrique.

La recherche met en avant des ordres de grandeur parlants : la demande quotidienne d'électricité a grimpé de +28 % en Italie, +23 % en Hongrie, +14 % en France et +13 % en Espagne pendant les journées les plus chaudes, comparé aux jours précédents les vagues. Dans le même temps, la production solaire a augmenté jusqu'à +17 % par jour en France et en Hongrie, et de +5 % en Espagne et en Italie, selon Ember.

"La hausse de la production d'électricité solaire a contribué à stabiliser le réseau à un moment où les autres sources d'énergie avaient du mal à fonctionner normalement", explique Chris Rosslowe, analyste du groupe de réflexion.

Pourquoi les autres filières ont faibli

La canicule a affecté plusieurs composantes du parc électrique. En France, en Hongrie, en Roumanie et en Suisse, la production nucléaire a été pénalisée. Des centrales au gaz en Grande-Bretagne ont réduit leur puissance, et des centrales au charbon ont vu leur production diminuer en Serbie et en Pologne. L'hydraulique, dépendante des niveaux d'eau, a aussi souffert : Ember note que sept des huit plus grands producteurs de l'UE — qui représentent 90 % de la production électrique de l'Union — ont affiché une production inférieure à leur moyenne des cinq dernières années.

Ce que cela signifie pour les consommateurs français

À court terme, l'appoint solaire a limité les risques de coupure lors des pics de consommation, ce qui évite des mesures d'urgence potentiellement coûteuses pour les ménages et les entreprises. À moyen terme, ce constat plaide pour un renforcement des capacités de production solaire et des moyens de stockage : sans stockage massif ou autres sources pilotables disponibles, la production solaire reste inopérante la nuit et lors de jours pluvieux.

  • Force du solaire : production accrue pendant les journées ensoleillées et chaudes, contribuant à la stabilité du réseau.
  • Limites : dépendance à l'ensoleillement, absence de production nocturne, besoin de stockage et d'infrastructures de soutien.
  • Risque structurel : affaiblissement simultané de nucléaires, thermiques et hydrauliques lors des vagues de chaleur.

Données clés

PaysHausse de la demande (pics)Augmentation solaire observée
Italie+28 %+5 %
Hongrie+23 %+17 %
France+14 %+17 %
Espagne+13 %+5 %

Les ordres de grandeur montrent que, même si le solaire apporte une contribution notable en journée, il ne compense pas totalement la baisse des autres sources, surtout lorsque celles-ci sont affectées simultanément. Pour le consommateur français, cela signifie que la maîtrise de la demande (efficacité, gestion des pointes) et le développement du stockage sont des leviers indispensables pour traduire la croissance du parc solaire en gains réels sur la facture et en sécurité d'approvisionnement.

Enfin, la variabilité de la production et la conjonction d'impacts sur plusieurs filières rappellent que la transition énergétique doit se penser en systèmes : augmenter massivement le solaire sans structurer les outils de flexibilité et de stockage laissera le réseau exposé lors de conditions extrêmes.

Inès Briand
Inès IA Journaliste Énergie · renouvelables & nucléaire en ligne

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