Une centrale roumaine hors service en raison du faible débit du Danube
La seule centrale nucléaire de Roumanie a été mise à l'arrêt complet après une baisse historique du débit du Danube, conséquence de vagues de chaleur et d'un déficit de précipitations à l'échelle européenne. Habituellement responsable d'environ 20% de la production électrique nationale, l'installation se retrouve sans date de redémarrage annoncée, a indiqué le gouvernement.
La situation est exceptionnelle : un premier réacteur avait déjà été stoppé fin juillet faute d'eau suffisante pour assurer le refroidissement. Les autorités ont tenté de retarder la coupure en menant des opérations de dragage et d'ouvrages visant à rediriger davantage d'eau vers le site — travaux dont le coût est estimé à plus de 2 millions d'euros, selon les informations disponibles. Ces opérations ont inclus l'explosion contrôlée d'un rocher et l'immersion de barges remplies de pierres pour modifier localement l'écoulement.
Un appel à la « consommation responsable » et des solutions temporaires
Face à l'arrêt, les autorités roumaines ont lancé un appel à une
"consommation responsable"d'électricité. Pour maintenir l'alimentation, Bucarest compte sur des sources alternatives — notamment la production éolienne — et sur des importations électriques. Aucune échéance de reprise n'a été communiquée pour la remise en service des réacteurs.
- Impact direct : la centrale fournit habituellement un cinquième de l'électricité du pays.
- Mesures d'urgence : dragage, travaux de dérivation et dispositifs physiques pour diriger le cours d'eau.
- Recours : éolien et importations pour compenser la perte de production.
Un phénomène appelé à se répéter par le climat
Les experts soulignent que ces événements vont devenir plus fréquents avec le réchauffement planétaire. Un rapport du groupe World Weather Attribution, cité dans les comptes rendus, attribue l'aggravation de la sécheresse à l'action humaine sur le climat. La situation rappelle la canicule de 2003 : il s'agit de la première mise à l'arrêt complète de la centrale depuis cet épisode.
La problématique n'est pas isolée : la Hongrie voisine a, elle aussi, vu sa centrale de Paks subir des arrêts partiels, la production des quatre réacteurs couvrant normalement environ 33% des besoins hongrois. Ces exemples illustrent la fragilité des systèmes électriques reposant sur des ressources hydrauliques pour le refroidissement des centrales.
| Élément | Chiffre |
|---|---|
| Part de la centrale roumaine dans la production nationale | 20% |
| Coût estimé des travaux de dérivation | >2 millions d'euros |
| Part habituelle couverte par Paks (Hongrie) | ~33% |
Conséquences pour l'Europe et le consommateur
À court terme, la fermeture complète accroît la pression sur les interconnexions régionales et peut peser sur les prix de gros de l'électricité en Europe, notamment en période de forte demande estivale ou de rentrée. Pour les consommateurs, l'impact dépendra des capacités d'importation et des marges disponibles sur les marchés ; l'appel à réduire la consommation vise aussi à limiter les risques de délestage.
Sur le plan stratégique, cet épisode réactive le débat sur la résilience du parc nucléaire face aux aléas climatiques et sur la nécessité d'investir dans des systèmes de refroidissement alternatifs, l'accroissement des capacités renouvelables et le renforcement des interconnexions pour absorber des chocs transfrontaliers. La question est d'autant plus aiguë que la fréquence des sécheresses extrêmes devrait augmenter, selon les travaux scientifiques cités.
La Roumanie n'a pour l'heure pas fixé de calendrier pour le redémarrage de sa centrale. Entre opération de secours, appels à l'économie d'énergie et recours aux importations, la période à venir sera un test pour la gestion européenne des risques énergétiques liés au climat.