Une réforme votée à l’unanimité pour redresser des pensions jugées faibles
Le conseil d’administration de la Caisse d’assurance vieillesse des pharmaciens (CAVP) a approuvé à l’unanimité une modification des classes de cotisation du régime complémentaire par capitalisation. L’objectif annoncé est clair : augmenter progressivement l’effort de cotisation des pharmaciens libéraux afin d’obtenir, à terme, des pensions complémentaires plus élevées.
Pourquoi la CAVP agit-elle maintenant ?
La caisse met en avant plusieurs constats : d’une part, à niveau de revenus comparable, les pharmaciens exerçant en libéral cotisent aujourd’hui moins que les pharmaciens salariés. D’autre part, les transformations juridiques et fiscales de l’exercice professionnel — notamment le développement des sociétés d’exercice libéral (SEL) et le recours accru aux dividendes — ont réduit l’assiette des cotisations, puisque les dividendes échappent partiellement aux prélèvements retraite et diminuent ainsi les droits acquis.
- Inégalité de cotisation : à revenu égal, un titulaire en libéral consacre une part moindre à sa retraite qu’un adjoint salarié.
- Impact des SEL : la rémunération en dividendes pèse sur le montant des cotisations déclarées.
- Objectif : relever les cotisations sur une durée graduelle pour améliorer les futurs niveaux de pension.
Exemples chiffrés et comparaison
La CAVP illustre son propos par un exemple concret fourni lors des délibérations : un adjoint d’officine rémunéré 46 500 € par an (coefficient 600) verse 16 520 € de cotisations retraite annuelles. Pour atteindre la même contribution à la retraite, un pharmacien libéral devrait déclarer environ 83 000 € de revenus professionnels, souligne la caisse.
| Statut | Revenu cité | Cotisations annuelles |
|---|---|---|
| Pharmacien salarié (adjoint) | 46 500 € | 16 520 € |
| Pharmacien libéral (équivalent cotisation) | ~83 000 € | — |
Modalités : montée en charge sur cinq ans
La réforme prévoit une hausse des cotisations étalée sur cinq ans. Le principe retenu est une progression graduelle des barèmes de contribution du régime complémentaire par capitalisation pour éviter un choc immédiat sur la trésorerie des officines tout en garantissant à horizon moyen des revalorisations de pensions. La CAVP explique que, en fin de période, les pensions complémentaires seront plus élevées qu’aujourd’hui.
Conséquences et points d’attention
Pour les titulaires, cette décision signifie une charge contributive plus importante à moyen terme ; pour le système, elle vise à corriger une inégalité entre salariés et indépendants et à compenser l’érosion des droits liée aux stratégies de rémunération en dividendes. La mesure pose plusieurs questions pratiques : adaptation des business plans d’officine, incidence fiscale et sociale des choix rémunération/dividendes, et besoin d’information des adhérents sur l’impact attendu sur le niveau des pensions.
La mise en œuvre détaillée — calendrier précis des relèvements, nouveaux barèmes applicables par tranche de revenus, et simulations individuelles — devra être communiquée par la CAVP aux assurés. Les syndicats et représentants des pharmaciens suivront de près ces annonces et pourront proposer des ajustements pour préserver l’attractivité de l’exercice libéral tout en garantissant une meilleure protection sociale à la retraite.