Un décret « d’urgence » pour protéger les salariés exposés à la chaleur
La CGT réclame la mise en place sans délai d’un décret fixant des seuils de température au‑delà desquels le travail doit être aménagé ou suspendu. Dans le contexte de trois épisodes de forte chaleur depuis la fin mai, le syndicat tire la sonnette d’alarme après avoir recensé « au moins 5 morts » et des centaines d’accidents liés à la canicule.
« Il faut un plan canicule et il ne peut pas attendre Noël »
La demande, portée par la secrétaire générale de la CGT, s’accompagne d’un appel au ministère du Travail pour obtenir des chiffres officiels sur les accidents mortels attribués à la chaleur. Le syndicat précise que son recensement, réalisé avec des moyens militants, est très probablement en deçà de la réalité des pertes humaines et des incidents signalés.
Quels secteurs sont concernés et quelles conséquences pour les employeurs ?
Les cas mortels évoqués dans le bilan provisoire concernent des métiers principalement exposés : couvreur, intérimaire en usine, salarié sous‑traitant dans le secteur du verre, terrassier sur chantier. Cela met en lumière la vulnérabilité des emplois en extérieur ou en environnements où la climatisation est inexistante.
- Chantiers et BTP : exposition prolongée, gestes physiques intenses.
- Industrie : postes sans climatisation ou en ateliers chauds.
- Sous‑traitance et intérim : travailleurs précaires plus exposés et moins protégés.
Pour les employeurs, l’hypothèse d’un décret avec seuils chiffrés entraînerait des obligations opérationnelles : réorganisation des horaires, limitation des travaux physiques aux heures les moins chaudes, mise à disposition d’eaux fraîches et zones de repos adaptées, voire suspension temporaire d’activités. Pour les entreprises qui ne peuvent pas interrompre totalement la production, il faudra définir des mesures d’adaptation au cas par cas.
Ce que cela change pour les salariés et demandeurs d’emploi
Si un texte réglementaire imposant des seuils voyait le jour, il offrirait aux salariés une protection juridique plus nette : motifs d’aménagement du poste, reconnaissance claire des risques liés à la chaleur, et potentiellement un cadre pour les représentants du personnel pour faire appliquer des mesures de prévention.
Les travailleurs précaires — intérimaires, sous‑traitants — demeurent au cœur des inquiétudes : leur statut et la multiplicité d’employeurs compliquent la responsabilité et la mise en œuvre rapide de mesures de protection. La CGT demande donc un mécanisme clair et immédiat pour que la prévention ne dépende pas uniquement de la bonne volonté des employeurs.
Données provisoires
| Période | Événements |
|---|---|
| Depuis fin mai | 3 épisodes de canicule |
| Bilan CGT | Au moins 5 morts et des centaines d'accidents |
Le syndicat souhaite que le ministère du Travail publie des chiffres officiels pour compléter et vérifier ce recensement. Sans données publiques précises, l’évaluation du risque et la conception d’un cadre réglementaire robuste restent difficiles.
Enjeux réglementaires et pratiques
Un décret fixant des seuils représenterait une innovation réglementaire visant à transcrire la prévention de la canicule en obligations concrètes. Reste à savoir comment définir ces seuils (température ambiante, humidité combinée, charge physique), quels secteurs y seront soumis et comment concilier continuité d’activité et sécurité des travailleurs.
La revendication de la CGT ouvre un débat qui concerne l’ensemble des acteurs : l’État, les branches professionnelles, les partenaires sociaux et les employeurs. À court terme, la priorité posée est claire : améliorer la protection des salariés exposés dès cet été, sans attendre une réforme lointaine.