Contexte et enjeu
Un atelier de trois jours ouvert à Grand-Bassam place au centre des discussions l’optimisation de la taxe sur la publicité afin d’augmenter les ressources de l’Agence de soutien et de développement des médias (SDM). Réunis figurent les représentants des ministères de la Communication, de l’Économie, des Finances et du Budget, ainsi que les services des Impôts et du Trésor, sans oublier les professionnels du secteur médiatique.
Diagnostic : un potentiel non exploité
Une synthèse d’étude présentée au lancement met en lumière un écart marqué entre croissance des investissements publicitaires et recettes affectées à la SDM. Entre 2022 et 2024, les investissements publicitaires sont ainsi passés d’environ 36 milliards de FCFA à 49 milliards de FCFA, tandis que les montants reversés à l’agence ont suivi une tendance inverse.
| Année | Investissements publicitaires (FCFA) |
|---|---|
| 2022 | 36 milliards |
| 2024 | 49 milliards |
Les angles morts du prélèvement
L’analyse pointe plusieurs segments insuffisamment pris en compte par le dispositif actuel :
- Sponsoring et parrainage ;
- Placement de produits et campagnes sur réseaux sociaux ;
- Activités des influenceurs et créateurs de contenu ;
- Certaines formes de publicité numérique et enseignes commerciales.
Freins institutionnels
L’étude relève aussi des difficultés d’ordre juridique et administratif. La coexistence de dispositions nationales et locales relatives à la taxation de la publicité crée des zones d’incertitude. Les recommandations formulées incluent la clarification des textes, la constitution d’un fichier consolidé des acteurs assujettis et une meilleure coopération inter-administrations (Impôts, Trésor, ministères concernés).
Impacts attendus
Pour la SDM, la mobilisation effective de cette taxe dépasse la seule logique fiscale : elle conditionne la capacité de l’agence à accompagner les entreprises de presse, radios, télévisions privées et organisations professionnelles. Une amélioration du mécanisme de collecte pourrait ainsi renforcer le financement public des médias et, partant, la diversité et la résilience de l’écosystème médiatique ivoirien.
Conséquences pour le marché publicitaire
En matière de marketing et d’investissement, clarifier l’assiette fiscale et élargir la base taxable aux nouveaux formats publicitaires pourrait modifier les arbitrages des annonceurs : transparence accrue, coût réel des campagnes numériques mieux intégré, et potentiellement une réallocation des budgets vers des canaux moins opaques. Les acteurs du secteur devront suivre de près l’évolution des textes et la mise en place des fichiers d’assujettis pour anticiper leurs obligations.