Un rassemblement pour traduire le sport en outils d’influence et d’affaires
Le Dojo de Paris a servi de cadre, le 9 juillet, à la troisième édition de la Journée de la Diplomatie Sportive organisée conjointement par France Judo et Medef International. Une soixantaine de participants — diplomates, responsables politiques, représentants d’entreprises et acteurs du sport — se sont réunis pour débattre des usages diplomatiques du sport et tester sur le tatami des formes d’engagement symboliques et opérationnelles.
Des intervenants institutionnels et économiques autour d’un même diagnostic
La conférence, ouverte par Stéphane Nomis, président de la Fédération Française de Judo, a mis en lumière la multidimensionnalité de la diplomatie sportive : levier de notoriété, canal relationnel et vecteur de performance économique. Parmi les intervenants figuraient des élus et responsables publics — Patrick Ollier (président de la Métropole du Grand Paris), Patrick Kanner (sénateur), ainsi que Damien Combredet-Blassel (ambassadeur pour le sport) — mais aussi des acteurs économiques et du monde sportif tels que Thierry Marx (chef étoilé) ou Émilie Andéol (championne olympique).
Des angles divers, une même finalité
- Relationnel : le sport comme langage commun pour ouvrir des canaux diplomatiques et d’affaires.
- Économique : mobilisation du sport pour soutenir l’attractivité des territoires et favoriser les partenariats internationaux.
- Performance : transfert de méthodes et d’exigence (préparation, collectif) du sport vers l’entreprise.
Une démonstration pratique et symbolique
Après les échanges, une initiation au judo a été animée par Larbi Benboudaoud (champion du monde 1999), assisté par des champions présents, dont Émilie Andéol et Aurélien Diesse (champion olympique par équipes mixtes 2024). L’objectif n’était pas seulement pédagogique : il s’agissait de matérialiser sur le tatami les principes évoqués en conférence — humilité, respect, technique — et de créer un moment de partage direct entre décideurs et sportifs.
« Tout le monde serait plus heureux sur cette planète si on appliquait les préceptes de Jigoro Kano »,
a rappelé avec un sourire Stéphane Nomis, renvoyant à la dimension philosophique et éthique du judo comme socle d’action collective et d’image.
Ce que cela signifie pour les entreprises et les acteurs publics
La réunion illustre une stratégie désormais clairement assumée : faire du sport un outil de diplomatie économique. Pour les entreprises, cela se traduit par des opportunités concrètes — sponsoring, partenariats internationaux,-mobilisation RSE — et par un accès facilité aux réseaux institutionnels. Pour les collectivités et l’État, l’aptitude à construire des événements mêlant performances sportives et diplomatie offre un levier de promotion territoriale et d’attraction d’investissements.
| Type d’acteur | Attente principale |
|---|---|
| Dirigeants privés | Visibilité internationale, réseautage |
| Collectivités | Attractivité, soft power |
| Fédération/athlètes | Promotion du sport, partenariats |
La convergence observée à Paris entre monde économique, institutions publiques et champions traduit une professionnalisation de la « diplomatie sportive ». Reste à transformer ces intentions en dispositifs pérennes : modalités de gouvernance, évaluation des retombées économiques et formules de cofinancement devront être précisés si l’on veut que ces journées dépassent l’enceinte symbolique du Dojo et produisent des effets mesurables pour les entreprises et les territoires.