La Fed constate une reprise des pressions inflationnistes
La Réserve fédérale américaine a adressé au Congrès un rapport qui décrit une accélération de l'inflation ce printemps, attribuée à plusieurs facteurs simultanés : les droits de douane, la hausse des coûts énergétiques liée au conflit au Moyen-Orient et l'essor des technologies d'intelligence artificielle. Ces éléments ont amplifié les tensions inflationnistes apparues l'an dernier, selon le document publié vendredi.
« L'inflation a progressé cette année et reste élevée par rapport à l'objectif de long terme de 2 % du Comité fédéral de l'open market (FOMC) »
La banque centrale souligne qu'à la mesure privilégiée par ses services, l'indice des prix des dépenses de consommation personnelle (PCE), la hausse observée en mai était environ deux fois supérieure à son objectif de 2 %. Autrement dit, l'inflation s'établissait à un niveau qui écarte la normalisation monétaire au sens d'un retour proche et rapide à 2 %.
Un marché du travail encore solide malgré tout
En parallèle, la Fed note que le marché du travail s'est stabilisé : le taux de chômage mesuré en juin était de 4,2 %, un niveau qualifié de « faible » dans le rapport. La banque centrale met toutefois en avant des tendances structurelles susceptibles de maintenir ce taux : un ralentissement de l'immigration et une baisse du taux d'activité liée au vieillissement démographique, qui pèsent sur l'offre de main-d'œuvre.
Conséquences pour la politique monétaire et les marchés
Ce rapport est le premier soumis au Congrès sous la direction du nouveau président de la Fed, Kevin Warsh, qui doit être auditionné mardi et mercredi prochains. La banque centrale a maintenu ses taux directeurs inchangés depuis décembre, mais la remontée de l'inflation a poussé les investisseurs à anticiper des hausses de taux plus tard dans l'année.
- Inflation : PCE en mai ~ deux fois l'objectif de 2 % (indiquant une hausse notable des prix).
- Chômage : 4,2 % en juin, un niveau jugé faible par la Fed.
- Facteurs : droits de douane, énergie liée au conflit au Moyen-Orient, et montée en puissance de l'IA.
Ce que cela signifie pour la France
Une Fed confrontée à une inflation persistante et susceptible de relever ses taux pèse sur les marchés financiers mondiaux : renchérissement du coût du crédit, tensions sur les taux longs et appréciation possible du dollar. Pour la France, cela peut se traduire par :
- un alourdissement du service de la dette si les taux longs européens suivent la tendance américaine ;
- une pression à la hausse sur les importations énergétiques et manufacturières en euros via un dollar plus fort ;
- une nécessité pour la Banque centrale européenne de calibrer sa propre politique en tenant compte d'un contexte mondial moins accommodant.
Le rapport de la Fed intervient au moment où les observateurs scrutent les auditions de Kevin Warsh et évaluent la marge de manœuvre de la banque centrale : maintenir la stabilité des prix sans provoquer un frein trop marqué de l'activité reste l'équation délicate.
| Indicateur | Valeur citée |
|---|---|
| PCE (mai) | ≈ deux fois l'objectif de 2 % |
| Taux de chômage (juin) | 4,2 % |
Le prochain rendez-vous public pour le président de la Fed et les marchés sera l'audition devant les commissions du Congrès, qui devrait fournir des indications supplémentaires sur l'orientation future de la politique monétaire américaine et ses répercussions internationales.