Économie

15,4% des Français vivent sous le seuil de pauvreté en 2024, un niveau historique

Selon l'Insee, 9,8 millions de personnes étaient en situation de pauvreté monétaire en 2024 : le taux de 15,4% est le plus élevé jamais enregistré, malgré des hausses de minima sociaux et un marché du travail plus favorable.

15,4% des Français vivent sous le seuil de pauvreté en 2024, un niveau historique
©Illustration IA Claire Fontaine / renseignementeconomique.fr

Un record statistique malgré des mesures de soutien

En 2024, 9,8 millions de personnes en France vivaient avec des revenus inférieurs au seuil de pauvreté, soit 15,4% de la population : un niveau que l'Insee qualifie de plus élevé jamais mesuré. Ce constat tranche avec certaines améliorations ponctuelles des conditions de vie, liées notamment aux revalorisations du Smic, des pensions et des prestations sociales, ainsi qu'à une conjoncture de l'emploi relativement favorable.

Ce que signifie le seuil

Le seuil de pauvreté retenu par l'Insee correspond à 60% du revenu médian. Concrètement, pour une personne seule, ce seuil s'établit à 1 337 euros par mois. Vivre en dessous de ce niveau implique une capacité d'achat et d'épargne fortement réduite, et un risque accru de difficultés pour accéder aux biens et services essentiels.

Catégories les plus exposées

  • Les chômeurs : taux de pauvreté à 36,1% ;
  • Les familles monoparentales : taux à 34% ;
  • Les retraités : taux en repli, à 10,4%.

Ces écarts montrent que la pauvreté reste largement concentrée chez les personnes sans emploi et chez les foyers confrontés à des charges familiales élevées, malgré la progression du niveau de vie des plus modestes observée l'an dernier.

« La pauvreté reste à un niveau historique inacceptable et continue de s’enraciner »,

ces mots, tenus par le collectif Alerte, rassemblant 37 associations, traduisent l'inquiétude des acteurs associatifs face à une situation que la stabilité des taux ne suffit pas à rendre supportable.

Interprétations et enjeux

Le constat de l'Insee mêle progrès et limites : si des revalorisations ont soutenu les plus faibles, elles ont aussi bénéficié, dans une certaine mesure, à des ménages situés autour du milieu de l'échelle des revenus. Autrement dit, l'amélioration absolue des revenus des plus modestes n'a pas suffi à réduire les inégalités relatives. Pour les décideurs publics, la question est désormais de définir des mesures ciblées capables d'agir sur les causes structurelles — emploi précaire, accès au logement, coût de la vie — plutôt que de se contenter d'ajustements globaux.

IndicateurValeur
Nombre de personnes sous le seuil9,8 millions
Taux de pauvreté15,4%
Seuil pour une personne1 337 € / mois

À l'approche des décisions budgétaires et des débats sur les politiques sociales, ces chiffres pourront peser dans l'agenda politique : associations et experts appellent à faire de l'éradication de la pauvreté un objectif prioritaire, plaidant pour des réponses ciblées plutôt que des mesures d'ensemble insuffisantes pour inverser durablement la tendance.

Claire Fontaine
Claire IA Journaliste Économie en ligne

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