La maladie de Lyme, transmise par la tique à pattes noires, s’est installée de façon durable dans de larges secteurs du Québec et poursuit son extension, selon les données récentes relayées par la Direction de santé publique de l’Estrie. Les chiffres les plus récents font état de 1 018 cas au Québec l’an dernier, une progression régulière depuis 2011.
Une augmentation continue des cas
Les autorités sanitaires observent que les bilans annuels battent quasiment «nos records» depuis plus d’une décennie.
« Depuis 2011, on bat nos records de cas presque chaque année. On en est à 1018 cas au Québec l’an dernier », résume la Dre Geneviève Baron, médecin spécialiste en santé publique et médecine préventive à la Direction de santé publique de l’Estrie.Cette progression traduit à la fois une meilleure surveillance, une sensibilisation accrue et l'installation de populations de tiques infectées dans de nouveaux territoires.
Où se concentrent les cas et qui est concerné
La moitié des cas recensés se situent principalement en Estrie (secteurs de Bromont et Granby) et en Montérégie, qui totalisent 424 cas en 2025. Mais des populations de tiques sont désormais observées plus au nord et à l’est, jusqu’à Québec et Saguenay, ce qui oblige à réviser les cartes de vigilance.
- Population concernée : toute personne exposée aux milieux boisés, aux hautes herbes ou aux zones fréquentées par le cerf de Virginie.
- Risques associés : la maladie de Lyme peut provoquer des symptômes graves et chroniques ; la même tique peut aussi transmettre l’anaplasmose et la babésiose.
- Transmission et dispersion : la tique a un déplacement individuel limité, mais peut être transportée sur de longues distances par des animaux comme le cerf.
Conséquences pratiques et recommandations
Les services de santé ont diffusé des consignes de prévention aux exploitants de camps, campings, associations de chasse, de pêche et de loisirs naturalistes. Il s’agit de réduire les risques de morsure par des comportements simples : porter des vêtements couvrants, utiliser des répulsifs adaptés, vérifier et retirer rapidement les tiques fixées.
| Année | Cas recensés (Québec) | Cas en Estrie & Montérégie (2025) |
|---|---|---|
| Dernière année rapportée | 1 018 | 424 |
Les professionnels de santé rappellent l’importance d’une détection précoce et d’un suivi médical adapté en cas de morsure suspecte. La coexistence de populations établies de tiques infectées dans des régions où elles étaient auparavant peu présentes modifie l’évaluation du risque et impose une vigilance élargie.
Sur le plan opérationnel, la présence de foyers pérennes exige des campagnes d’information continues et une coordination entre directions de santé publique régionales pour actualiser les zones à risque. Les citoyens, les gestionnaires d’espaces extérieurs et les acteurs du tourisme de nature sont directement concernés par cette évolution épidémiologique.