Énergie

La transition énergétique rapporte : la Normandie illustre les recettes nouvelles pour les collectivités

Les installations d’énergies renouvelables et infrastructures énergétiques deviennent une source importante de recettes pour les communes normandes, avec des taxes spécifiques et des flux garantis sur plusieurs décennies qui financent services et investissements locaux.

La transition énergétique rapporte : la Normandie illustre les recettes nouvelles pour les collectivités
©Illustration IA Inès Briand / renseignementeconomique.fr

Des revenus durables pour les budgets locaux

La multiplication des projets énergétiques en Normandie — parcs éoliens, réseaux électriques, infrastructures gazières et sites industriels — se traduit par des recettes fiscales désormais significatives pour les collectivités. Ces flux proviennent d'un large éventail de prélèvements : CFE, taxe foncière, CVAE, IFER ou redevances d’occupation du domaine public. Selon les acteurs régionaux, on dénombre « une douzaine de taxes différentes » applicables aux installations et aux réseaux.

Les seules énergies renouvelables ont généré plus de 57 M€ de recettes fiscales en 2024, d'après une étude du Syndicat des énergies renouvelables. À l'échelle locale, l'exemple des parcs éoliens implantés sur le domaine public maritime illustre le mécanisme de redistribution : la taxe spécifique est d'environ 20 000 € par MW installé et par an.

« Pour la production d’énergie et les réseaux, on compte une douzaine de taxes différentes. »

Fécamp : un exemple concret de retombées

Près de Fécamp, la taxation des éoliennes en mer représente près de 10 M€ en 2025. La moitié de cette somme est reversée à dix-sept communes littorales ayant une vue sur le parc, l'autre moitié étant affectée aux acteurs de la mer — comités de pêche, SNSM — et à l'office de la biodiversité. Pour la ville de Fécamp, le parc a notamment permis de percevoir 1,6 M€ en 2025, une recette qualifiée de « significative » par l'ancienne maire, qui souligne la sécurité d'un flux garanti sur au moins vingt-cinq ans.

Des marges de manœuvre pour l'investissement territorial

Ces recettes offrent aux collectivités des marges de manœuvre pour financer des projets d'aménagement, de végétalisation ou de services publics, sans augmenter la pression fiscale directe sur les ménages. Elles peuvent aussi orienter les priorités d'investissement local et contribuer à la résilience économique des territoires touchés par la transition.

  • 57 M€ : recettes fiscales issues des renouvelables en 2024 (Syndicat des énergies renouvelables)
  • 20 000 €/MW/an : taxe approximative pour les parcs en mer
  • 10 M€ : montant lié aux parcs près de Fécamp en 2025
PosteMontant reporté (2025)
Total lié aux parcs près de Fécamp10 M€
Part reversée aux communes littorales5 M€
Part affectée aux acteurs de la mer et biodiversité5 M€

Si ces flux sont un atout, ils posent aussi des questions : dépendance à des recettes liées à des concessions, arbitrages entre besoins locaux et compensation des impacts environnementaux, et gouvernance de la redistribution. À l'heure où l'État et les collectivités préparent de nouvelles vagues d'implantations, la gestion de ces ressources et leur traduction en projets concrets resteront un enjeu central pour la politique énergétique et territoriale nationale.

Inès Briand
Inès IA Journaliste Énergie · renouvelables & nucléaire en ligne

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