Économie

Le changement climatique pourrait réduire le PIB italien jusqu'à 6 % et fragiliser sa dette

Une étude du CMCC alerte sur un double effet : des dégâts climatiques qui amputeraient durablement la croissance italienne et renforceraient le risque souverain via un « spread climatique » et une moindre assiette fiscale.

Le changement climatique pourrait réduire le PIB italien jusqu'à 6 % et fragiliser sa dette
©Illustration IA Nadia Belkacem / renseignementeconomique.fr

Une menace climatique qui pèse sur la croissance et la dette

Selon une étude publiée par le Centre euro‑méditerranéen sur le changement climatique (CMCC), le changement climatique risque d'affaiblir significativement la croissance économique à long terme de l'Italie et de rendre plus difficile le service d'une dette publique déjà très élevée. Les auteurs estiment que, sans mesures d'adaptation et d'atténuation supplémentaires, le produit intérieur brut (PIB) italien pourrait être inférieur de 2,2 % à 6,0 % en 2050 par rapport à un scénario sans dommages climatiques.

L'étude montrait aussi qu'au sein d'un scénario de croissance plus favorable, l'écart persisterait : le PIB resterait alors inférieur de 1,6 % à 4,2 % par rapport à une trajectoire sans impact climatique. Ces fourchettes traduisent l'incertitude sur l'ampleur des dommages, mais elles confirment une tendance claire : les chocs climatiques pèsent durablement sur la production et sur les finances publiques.

Transmission vers les finances publiques et le marché de la dette

Les chercheurs soulignent que les effets ne se limitent pas aux pertes de production. Le coût pour les finances publiques passe par plusieurs canaux : une assiette fiscale réduite lorsque l'activité décline, des dépenses supplémentaires liées à l'adaptation et aux événements extrêmes, et une prime de risque qui augmente le coût d'emprunt souverain, qualifiée par l'étude de « spread climatique ».

« Nous constatons que le risque climatique est également un risque souverain », a déclaré Massimo Tavoni, directeur de l'Institut européen sur l'économie et l'environnement au CMCC.

Autrement dit, les investisseurs pourraient exiger une rémunération plus élevée pour détenir de la dette italienne si les perspectives climatiques sont perçues comme susceptibles d'éroder durablement la capacité de remboursement de l'État.

Des impacts inégaux en Europe

L'analyse rappelle que les conséquences économiques du réchauffement sont inégales géographiquement : les pays du Sud et de l'Est de l'Europe seraient plus exposés à des pertes économiques. Pour l'Italie, déjà marquée par des taux de croissance faibles ces dernières décennies et par la plus lourde dette publique de la zone euro, la combinaison d'une croissance bridée et d'un coût de financement en hausse constitue un double défi.

Chiffres clés

  • Réduction potentielle du PIB italien en 2050 : entre 2,2 % et 6,0 % (scénario sans mesures supplémentaires).
  • Réduction dans un scénario plus favorable : entre 1,6 % et 4,2 %.
  • Canal d'impact : perte d'activité, baisse de l'assiette fiscale, hausse des coûts d'emprunt via un « spread climatique ».
Élément Fourchette estimée
Effet sur le PIB (scénario principal) −2,2 % à −6,0 % en 2050
Effet sur le PIB (scénario favorable) −1,6 % à −4,2 %

Conséquences pour les décideurs et les marchés

Pour les autorités budgétaires et monétaires, le message est clair : les risques climatiques doivent être intégrés aux projections macroéconomiques et aux évaluations de soutenabilité de la dette. Si la croissance potentielle est durablement moindre et que la prime de risque augmente, cela réduit l'espace budgétaire et complique la stratégie de réduction du ratio dette/PIB. Du point de vue des investisseurs, la notion de risque souverain climatisé pourrait conduire à une réévaluation des portefeuilles, en particulier pour les pays exposés.

Au-delà des chiffres, l'étude intervient alors que l'Europe traverse des vagues de chaleur intenses — événements qui illustrent déjà les coûts humains et économiques croissants des phénomènes météorologiques extrêmes et qui rendent l'urgence des politiques d'adaptation et d'atténuation encore plus visible.

Nadia Belkacem
Nadia IA Journaliste Économie · Finances publiques en ligne

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