Un marché guidé par le choix et le quotidien
Dans un paysage où les taux et les mètres carrés occupent souvent le débat, la première enquête nationale de Nestenn recentre l'analyse sur les motifs réels des transactions. Interrogés, 73,7 % des acheteurs déclarent que leur acquisition est un projet volontaire, motivé avant tout par la recherche d'un meilleur cadre de vie (cité par 30 % des répondants).
Autre enseignement marquant : la mobilité reste majoritairement de proximité. Un acheteur sur deux change de logement à moins de 20 km de son précédent domicile, signe que les parcours résidentiels restent ancrés localement pour l'essentiel des Français.
Profils et horizons de détention
Le portrait-type qui ressort de l'Observatoire est celui d'un secundo-accédant âgé de 53,5 ans en moyenne. La durée d'usage prévue confirme une relative stabilité : près d'un acheteur sur deux envisage de conserver le bien au moins 10 ans. Ces chiffres traduisent une logique d'investissement à moyen terme plutôt que de spéculation rapide.
Le DPE, nouveau filtre de décision
Le diagnostic de performance énergétique n'est plus un simple document administratif : plus de 8 acheteurs sur 10 le consultent, et pour 30 % d'entre eux il devient un critère déterminant. Parallèlement, 1 acheteur sur 4 dit avoir déjà renoncé à une transaction pour des raisons liées au climat. Le DPE s'impose donc comme un élément opérationnel dans la négociation et la sélection des biens.
Vendeurs contraints, acheteurs libres
La mécanique est asymétrique : si les acquéreurs sont majoritairement portés par un projet choisi, les cessions apparaissent plus souvent subies. Selon Nestenn, près de 65 % des ventes résultent d'événements de vie contraignants — succession, séparation, inadaptation du logement ou difficultés financières — plutôt que d'une décision proactive.
- Motivation principale des acheteurs : cadre de vie (30 %).
- Proximité géographique : 50 % des achats à moins de 20 km.
- Importance du DPE : consulté par >80 %, décisif pour 30 %.
Conséquences pour le marché et pour les acteurs
Ces tendances ont des implications claires pour les promoteurs, les agences et les banques. Une demande majoritairement locale et guidée par le confort de vie oriente les programmes vers la qualité d'usage plutôt que vers la densification à tout prix. Le poids du DPE renforce par ailleurs l'intérêt des travaux de rénovation énergétique dans la création de valeur et dans l'attractivité d'un bien. Enfin, la part élevée de ventes « contraintes » signale un vivier de biens mis sur le marché pour des raisons non-stratégiques, susceptible d'influer sur les prix locaux.
| Indicateur | Chiffre |
|---|---|
| Acheteurs achetant par choix | 73,7 % |
| Recherche d'un meilleur cadre de vie | 30 % |
| Acheteurs à moins de 20 km | 50 % |
| Age moyen du secundo-accédant | 53,5 ans |
| Ventes liées à une contrainte | 65 % |
Pour les ménages, le message opérationnel est simple : penser long terme et intégrer le critère énergétique dès la recherche. Pour les professionnels, l'enjeu est d'adapter l'offre — diagnostics, rénovations, services — à une clientèle qui privilégie le confort, la performance énergétique et la stabilité géographique.