Une part croissante de ménages exposée à une charge d'endettement lourde
Le treizième rapport sur la stabilité financière, publié le 27 juillet, alerte sur une détérioration sensible de la situation d'endettement des particuliers. En 2025, la part des nouveaux emprunteurs dont la charge de dette dépasse 40 % de leur revenu a progressé de 32 % à 38 % en un an. Dans ce groupe déjà vulnérable, près d'un quart des emprunteurs consignés dépassent désormais la barre des 70 % de leur revenu consacrée au remboursement.
Le crédit à la consommation en première ligne
Le rapport met en lumière le rôle moteur du crédit à la consommation dans cette tension : les encours de crédit à la consommation ont augmenté de +13,2 % en 2025, contre +3,0 % pour le crédit à l'habitat. Cette dynamique se traduit par un changement d'acteurs sur le marché : les sociétés de financement voient leurs encours croître de 21 % et détiennent désormais 53 % du marché du crédit à la consommation, contre 47 % pour les banques traditionnelles.
Des profils plus fragiles que l'on aurait pu penser
Le document fournit une ventilation des charges de dette au sein des emprunteurs dépassant 40 % : 36 % d'entre eux se situent entre 40 et 50 % de charge, 26 % entre 50 et 60 %, 15 % entre 60 et 70 %, et 23 % au‑delà de 70 %.
Par catégorie socio‑professionnelle, ce sont les fonctionnaires qui affichent la charge moyenne la plus élevée parmi les emprunteurs au‑dessus de 40 % : 63 %. Viennent ensuite les retraités (61 %), les professions libérales (59 %) et les salariés du privé (56 %). Sur l'ensemble des emprunteurs, la charge moyenne des fonctionnaires atteint 44 %, contre 34 % pour les salariés du privé.
Conséquences pour le pouvoir d'achat et la stabilité financière
Un poids de la dette élevé réduit mécaniquement la marge de manœuvre des ménages : moindre capacité à consommer librement, fragilité face aux aléas (perte d'emploi, dépenses de santé, hausse des taux) et exposition accrue au risque de défaut. Le rapport souligne que la progression rapide des crédits à la consommation, portée par des sociétés de financement en forte croissance, alerte sur la qualité future des portefeuilles et sur la résilience des foyers en cas de choc économique.
Ce que dit l'étude et ce qui reste à surveiller
- La part d'emprunteurs au‑dessus de 40 % est passée à 38 % en 2025.
- Près d'un quart des emprunteurs concernés consacrent plus de 70 % de leurs revenus au remboursement.
- Le crédit à la consommation progresse de +13,2 % ; les sociétés de financement augmentent leurs encours de 21 % et captent 53 % du marché.
Le périmètre de l'étude couvre 639 013 dossiers de particuliers ayant contracté ou renouvelé un crédit en 2025, transmis par les principales sociétés de crédit à la consommation et par une partie des banques. Le rapport précise qu'il ne couvre pas la totalité du marché du crédit aux particuliers, ce qui pourrait atténuer ou, au contraire, aggraver les chiffres une fois l'ensemble des acteurs pris en compte.
Implications pratiques
Pour les ménages, la vigilance reste de mise : une charge de dette élevée limite la capacité à absorber une hausse des prix ou une baisse de revenus. Pour les autorités et les régulateurs, l'enjeu est double : surveiller la qualité des crédits distribués et s'assurer que la progression des encours ne se traduise pas par une augmentation significative des impayés, qui ferait peser un risque systémique plus large sur la consommation et la croissance.
| Indicateur | 2025 |
|---|---|
| Part d'emprunteurs > 40 % | 38 % |
| Part d'emprunteurs > 70 % (dans ce groupe) | 23 % |
| Progression encours crédit conso | +13,2 % |
| Progression encours sociétés de financement | +21 % |
| Part de marché sociétés de financement | 53 % |
Le rapport appelle implicitement à une attention renforcée des emprunteurs sur leur taux d'effort et des régulateurs sur le développement rapide d'un segment de marché porté par des acteurs non bancaires.