Un coup de frein au cœur de la saison des transactions
En mai, les montants nouvellement empruntés par les particuliers pour financer un logement se sont établis à 11,4 milliards d'euros, selon la Banque de France. Ce chiffre marque un recul sur un mois et constitue, pour la période, un point bas depuis janvier. La tendance interannuelle est également orientée à la baisse : en mai 2025, les prêts nouveaux s'élevaient à 11,9 milliards d'euros.
Des taux qui pèsent sur la décision d'achat
Plusieurs facteurs expliquent cette décélération. D'abord, la hausse des coûts d'emprunt : le taux moyen affichait 3,21 % en mai sur les nouveaux crédits (hors frais annexes), contre 3,09 % en moyenne au deuxième semestre 2025. Les conditions de financement restent donc moins attractives qu'avant, ce qui réduit la capacité d'achat des ménages et reporte des projets généralement concentrés au printemps.
- Montant des nouveaux crédits (mai) : 11,4 milliards d'euros.
- Comparaison annuelle : 11,9 milliards d'euros en mai 2025.
- Taux moyen en mai : 3,21 % (hors frais annexes).
Conséquences pratiques pour les acheteurs et les banques
Pour un emprunt sur 20 ans, en intégrant les frais, le taux moyen du deuxième trimestre s'établissait autour de 3,97 %, ce qui se traduit, à titre d'exemple chiffré par la Banque de France, par environ 45 000 euros d'intérêts pour chaque tranche de 100 000 euros empruntée sur 20 ans. Ce niveau alourdit significativement le coût total des opérations et incite beaucoup de ménages à différer leurs achats ou à renégocier leurs conditions.
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Nouveaux crédits (mai) | 11,4 Md€ |
| Nouveaux crédits (mai 2025) | 11,9 Md€ |
| Taux moyen (mai) | 3,21 % |
| Taux moyen (T2, tous frais) | 3,97 % |
| Encours des crédits immobiliers (fin mai) | 1 539 Md€ |
Un marché à l'équilibre fragile
L'encours global des prêts immobiliers reste élevé : il atteint 1 539 milliards d'euros à la fin mai, résultat d'une multiplication par près de 2,5 sur vingt ans, portée par la hausse des prix et l'allongement des durées de crédit. Mais la dynamique des nouveaux flux s'affaiblit, ce qui risque d'avoir des répercussions sur l'activité sectorielle (transactions, construction, services liés) si la situation perdure.
Pistes et enjeux pour la suite
Je retiens trois points cruciaux pour les prochains mois :
- la sensibilité des ménages aux variations de taux : une remontée prolongée freine durablement la demande ;
- la capacité des banques à ajuster leurs offres (durée, apport, assurances) pour soutenir la demande ;
- l'impact sur le marché du logement : un ralentissement des ventes peut exercer une pression à la baisse sur les prix locaux, mais la situation restera hétérogène selon les territoires.
La Banque de France publie des chiffres qui confirment un marché du crédit en phase d'ajustement. La suite dépendra autant de la trajectoire des taux que des mesures prises par les acteurs financiers pour préserver l'accès au crédit sans exposer excessivement leurs bilans.