Un sommet historique porté par les volumes et de nouveaux comportements
Le commerce en ligne en France a franchi une nouvelle étape en 2025 : selon la Fédération du e‑commerce et de la vente à distance (Fevad), le secteur a atteint 196,4 milliards d’euros de chiffre d’affaires, soit une progression de 7 % par rapport à 2024. Cette performance confirme que l’achat sur internet s’est définitivement inscrit dans les usages des Français.
Les ressorts de cette croissance ne tiennent pas seulement à l’augmentation des paniers moyens : la Fevad relève une envolée des transactions et une diversification des profils d’acheteurs. Sur près de 158 000 sites marchands analysés, le nombre de transactions a progressé de 11 %, atteignant environ 3,2 milliards d’opérations. En moyenne, chaque acheteur a réalisé 75 achats dans l’année pour une dépense annuelle moyenne de 4 657 euros. Au total, 41,6 millions d’internautes ont acheté au moins une fois en ligne en 2025.
« durablement ancré dans le quotidien des Français »
Ces mots, attribués au délégué général de la Fevad, résument l’analyse : le canal en ligne fait désormais partie intégrante de la consommation, résistant aux incertitudes économiques et politiques.
La seconde main change la hiérarchie des sites et les arbitrages de dépenses
Parmi les mutations notables, la seconde main progresse fortement : quatre acheteurs en ligne sur dix ont acheté au moins un produit d’occasion au cours de l’année. Ce basculement modifie les palmarès de fréquentation : Vinted se hisse à la deuxième place des sites les plus visités, revendiquant plus de 10 millions de clients actifs. Sur le marché, les services ont crû de 9 % tandis que les produits physiques n’ont progressé que de 4 %, signe d’un marché de produits qui tend vers la maturité et d’un arbitrage plus sélectif des dépenses par les consommateurs.
- Record national : 196,4 Md€ de CA e‑commerce en 2025 (+7%).
- Transactions : ~3,2 milliards d’opérations, +11 %.
- Comportement : 4 acheteurs sur 10 ont acheté de la seconde main.
L’intelligence artificielle, nouvel ingrédient stratégique
Autre moteur : l’adoption de l’intelligence artificielle générative. La Fevad évoque une « accélération technologique » qui transforme à la fois les pratiques opérationnelles des marchands (personnalisation, automatisation, service client) et l’expérience d’achat. Cette intégration technologique pèse désormais dans les investissements marketing et les feuilles de route produit des acteurs, des pure players aux distributeurs traditionnels qui numérisent leurs parcours.
| Indicateur | Valeur 2025 |
|---|---|
| Chiffre d’affaires e‑commerce | 196,4 Md€ |
| Croissance annuelle | +7 % |
| Nombre de transactions | ~3,2 milliards (+11 %) |
| Acheteurs en ligne | 41,6 millions |
| Dépense annuelle moyenne | 4 657 € |
Pour les marketeurs, ces tendances appellent plusieurs reconfigurations : prioriser les offres de seconde main et les services associés (logistique, garanties, revalorisation), investir dans des outils d’IA pour personnaliser l’offre et réduire les coûts, et repenser les parcours pour convertir un nombre croissant de micro‑achats. Les enseignes qui sauront combiner friction minimale, confiance sur l’occasion et usage pertinent de l’IA captureront une part disproportionnée de cette croissance.
Enfin, la dynamique observée en 2025 interroge la régulation, la fiscalité et les pratiques publicitaires : plus d’acteurs, plus de données et de nouveaux modèles de monétisation exigent des cadres qui protègent le consommateur sans freiner l’innovation — un défi politique et commercial pour les mois à venir.