Des perspectives prudentes pour l’Italie, des révisions pour la France
Le Fonds monétaire international (FMI) publie des prévisions qui confirment pour l’Italie une croissance de +0,5 % tant pour 2026 que pour 2027. Ces chiffres, présentés dans le World Economic Outlook publié mercredi, traduisent des perspectives économiques « modestes » dans une économie soumise à plusieurs contraintes, notamment sur le plan énergétique et de la consommation.
La directrice adjointe du département de la recherche du FMI, Petya Koeva Brooks, souligne que les investissements contenus dans le plan national de relance et de résilience (PNRR) restent un facteur de soutien important. En revanche, la hausse des prix de l’énergie et des denrées alimentaires et le niveau élevé de l’incertitude pèsent sur la consommation des ménages.
« Les investissements prévus dans le plan national de relance et de résilience (PNRR) continuent de soutenir l’activité économique. Dans le même temps, la hausse des prix de l’énergie et des denrées alimentaires, ainsi que le niveau élevé d’incertitude, pèse sur la consommation des ménages. »
Risques géopolitiques et inflation
Le rapport identifie l’évolution de la situation au Moyen‑Orient comme le risque le plus immédiat pour la trajectoire mondiale. Une intensification des tensions pourrait renchérir les matières premières et fragiliser la croissance. À l’inverse, si la réouverture du détroit d’Ormuz s’effectue sans heurts et si les prix des matières premières restent inférieurs au scénario de référence, la croissance mondiale pourrait être plus soutenue et l’inflation plus contenue.
Quelles implications pour la France et l’Europe ?
Le World Economic Outlook apporte également des éclairages sur d’autres grandes économies européennes :
- France : croissance attendue à +0,6 % en 2026 (soit -0,3 point par rapport aux prévisions d’avril) et +0,9 % en 2027.
- Allemagne : +0,7 % en 2026 et +1,0 % en 2027.
- Espagne : confirmée à +2,1 % en 2026 et +1,8 % en 2027.
- Chine : le FMI table sur une croissance de 4,6 % en 2026 et 4,1 % en 2027, marquant un ralentissement par rapport à 2025.
| Pays | 2026 | 2027 |
|---|---|---|
| Italie | +0,5 % | +0,5 % |
| France | +0,6 % | +0,9 % |
| Allemagne | +0,7 % | +1,0 % |
| Espagne | +2,1 % | +1,8 % |
Sur l’inflation, le FMI a ajusté ses prévisions à la hausse pour certains pays, notamment en raison d’une dépendance accrue aux importations d’énergie. Le rapport prévoit que l’inflation restera au‑dessus des objectifs dans certains cas jusqu’en 2028.
Lecture concrète pour les lecteurs
Pour les ménages et les entreprises, ces projections signifient une perspective de croissance faible mais stable en Europe. Les marges de manœuvre budgétaires restent limitées : la priorité donnée aux investissements (PNRR en Italie) vise à soutenir l’activité, tandis que les pressions inflationnistes soulignent la fragilité du pouvoir d’achat. Enfin, la sensibilité aux tensions géopolitiques rappelle que l’économie reste exposée à des chocs externes, en particulier via les prix de l’énergie.
En somme, le World Economic Outlook du FMI livre un diagnostic prudent : une croissance soutenue par des plans d’investissement publics mais contrainte par l’inflation et les risques géopolitiques, avec des conséquences différenciées selon les pays de la zone euro.