Le FMI reconnaît des résultats positifs mais réclame des garde-fous sociaux
Le Fonds monétaire international a annoncé, le 7 juillet, avoir conclu un accord au niveau des services avec les autorités du Zimbabwe sur la première revue du Programme de suivi par les services (SMP) approuvé en mars 2026. Cette étape, qui doit encore recevoir le feu vert de la direction du Fonds, rapproche Harare de ses objectifs d'apurement des arriérés et de restructuration de la dette.
Selon le communiqué relayé par l'agence, la mise en œuvre du SMP jusqu'à fin mars 2026 a été « globalement satisfaisante ». Le FMI précise que la plupart des objectifs quantitatifs et indicatifs ont été atteints, couvrant notamment le solde budgétaire primaire, les réserves internationales officielles nettes et les limites relatives aux nouveaux emprunts extérieurs non concessionnels.
« Tous les objectifs quantitatifs ont été atteints, notamment ceux relatifs au solde budgétaire primaire, aux réserves internationales officielles nettes... »
Croissance robuste mais un objectif social non respecté
Après une année 2025 marquée par une expansion de 8,3 %, le FMI maintient sa prévision de croissance à 5 % pour 2026, portée par des performances favorables dans l'agriculture et les mines, ainsi que par des cours de l'or soutenus. L'inflation est attendue autour de 5,1 % pour l'année.
Cependant, le Fonds souligne une faiblesse notable : l'unique objectif indicatif non atteint concerne la protection des dépenses sociales prioritaires. Cette lacune alerte sur le risque que l'assainissement et la discipline budgétaire pèsent sur les filets de protection sociale, dans un contexte où la population reste vulnérable.
Recommandations et conditions pour consolider la trajectoire
Pour préserver la dynamique macroéconomique, le FMI recommande plusieurs axes :
- Maintenir une discipline budgétaire stricte pour stabiliser les finances publiques ;
- Renforcer la protection des dépenses sociales afin d'éviter des ruptures pour les ménages vulnérables ;
- Poursuivre les réformes monétaires et du marché des changes pour restaurer la confiance et réduire les déséquilibres ;
- Améliorer la gouvernance et la gestion des risques budgétaires, notamment autour des mécanismes d'incitation liés à la commercialisation de l'or.
Impacts et enjeux pour l'internationalisation de la dette
La conclusion d'un accord au niveau des services constitue une étape importante dans le calendrier de normalisation financière du Zimbabwe. Elle facilite les discussions en vue d'un apurement des arriérés et d'une éventuelle restructuration, deux conditions souvent préalables au retour aux marchés internationaux et à la relance d'investissements étrangers.
| Indicateur | 2025 (réalisé) | Prévision 2026 |
|---|---|---|
| Croissance du PIB | 8,3 % | 5 % |
| Inflation | N/A | ~5,1 % |
Sur le plan pratique, la poursuite de la trajectoire recommandée par le FMI dépendra de la capacité des autorités zimbabwéennes à concilier rigueur budgétaire et maintien des priorités sociales, tout en approfondissant les réformes structurelles. Le Fonds invite par ailleurs à mieux maîtriser les risques liés aux dispositifs incitatifs du secteur aurifère, qui ont un poids non négligeable sur les flux et la gouvernance.
Au-delà de Harare, cette étape a une portée régionale : un Zimbabwe stable et crédible vis-à-vis du FMI faciliterait la coopération financière en Afrique australe et diminuerait les risques de contagion financière pour des partenaires exposés. Reste que l'accord final dépendra de la validation de la direction du FMI et de la mise en œuvre effective des engagements locaux.