Une hausse réglementée qui rebat les cartes des livrets défiscalisés
Sur proposition du Gouverneur de la Banque de France et annoncée par le ministre de l'Économie, le taux du Livret A est fixé à 1,7 % à compter du 1er août 2026 (contre 1,5 % auparavant). Cette décision administrative, qui suit la formule de calcul réglementaire, a des effets immédiats sur d'autres produits d'épargne réglementés et défiscalisés, notamment le LDDS (Livret de développement durable et solidaire), le livret jeune et le Compte Épargne Logement (CEL).
Ce que gagnent concrètement les épargnants
Pour situer l'impact : un titulaire d'un Livret A au plafond de 22 950 € voit sa rémunération annuelle passer de 344,50 € (à 1,5 %) à 390,15 € (à 1,7 %), soit un gain de 45,65 € sur une année complète. Pour l'exercice 2026, qui sera partagé entre les deux taux, le gain estimé est de 18,79 €.
- LDDS : taux aligné sur le Livret A, repasse à 1,7 %. Plafond : 12 000 €. Gain estimé sur un an au plafond : 204 €.
- Livret jeune : taux librement fixé par les banques mais ne peut être inférieur au Livret A ; il sera donc au minimum à 1,7 % à partir du 1er août. Plafond : 1 600 €.
- CEL et autres livrets réglementés : soumis aux mêmes règles de corrélation avec le Livret A, leurs rémunérations sont affectées par ce changement.
Contexte et raisons avancées
La hausse intervient dans un contexte d'inflation qui, selon le directeur du Cercle de l'Épargne cité par la source, avait rendu la rémunération du Livret A négative depuis mars pour le pouvoir d'achat des épargnants. L'ajustement vise donc à restaurer une partie de ce pouvoir d'achat et à ramener la rémunération au-dessus de l'inflation ressentie par les ménages.
« avec la hausse des prix constatée depuis le mois de mars (...) du Livret A était devenu négatif, son taux étant inférieur à l’inflation. En l’augmentant, le gouvernement entend garantir le pouvoir d’achat des épargnants... sachant que la prochaine fixation du taux du Livre A interviendra le 1 er février 2027 en pleine période électorale. Il sera alors difficile de procéder à une baisse. »
Comparaison chiffrée
| Produit | Plafond | Taux au 1er août 2026 | Gain annuel au plafond (approx.) |
|---|---|---|---|
| Livret A | 22 950 € | 1,7 % | 390,15 € (vs 344,50 € à 1,5 %) |
| LDDS | 12 000 € | 1,7 % | 204 € |
| Livret jeune | 1 600 € | au moins 1,7 % | variable selon le taux fixé par la banque |
Conséquences et arbitrages pour les épargnants
La hausse du taux réglementé réduit l'attractivité relative des offres promotionnelles proposées par certaines banques commerciales (livrets boostés temporaires, promotions de banques en ligne). Pour un épargnant, l'arbitrage dépendra du montant disponible, de l'horizon et de la souplesse souhaitée :
- Pour des petites sommes ou une épargne de précaution, le Livret A et le LDDS restent compétitifs, sécurisés et défiscalisés.
- Pour des montants plus élevés, les livrets promotionnels bancaires peuvent rester intéressants sur des durées courtes, mais il faut comparer le taux de base après la période de bonification et vérifier les conditions de retrait.
- La prochaine révision du taux, prévue le 1er février 2027, peut modifier à nouveau l'équilibre entre ces solutions.
Au-delà des chiffres, les épargnants doivent comparer la fiscalité (ces livrets sont exonérés d'impôt et de prélèvements sociaux), la liquidité et la sécurité des fonds avant de déplacer des sommes. Le relèvement à 1,7 % renforce l'attrait des livrets réglementés pour une épargne disponible et sans fiscalité immédiate, tout en incitant à vérifier les offres concurrentes sur des horizons définis.