Un marché de l’assurance dopé par l’épargne des ménages
Le secteur de l’assurance française a confirmé sa dynamique en 2025, selon le rapport annuel publié par France Assureurs. Les cotisations totales ont atteint 308,6 milliards d’euros, soit une augmentation annuelle de +9,0 %. Cette progression n’est pas homogène : c’est la protection des personnes qui a assuré l’essentiel de la croissance.
Assurance de personnes : la part dominante
Les cotisations relevant des assurances de personnes (vie, capitalisation, maladie et accidents corporels) représentent désormais une large majorité du marché, s’élevant à 228,7 milliards d’euros. Leur hausse annuelle est de +9,8 %. Dans cette catégorie, la répartition est la suivante :
- 59,8 % pour la branche vie ;
- 11,9 % pour la branche maladie et accidents ;
- 3,7 % pour la capitalisation.
| Indicateur | Valeur 2025 | Évolution vs 2024 |
|---|---|---|
| Cotisations totales | 308,6 Md€ | +9,0 % |
| Cotisations assurances de personnes | 228,7 Md€ | +9,8 % |
| Cotisations assurances de biens et responsabilité | 79,9 Md€ | +6,6 % |
L’assurance-vie, premier réceptacle de l’épargne
Les Français ont renforcé leur épargne en 2025, et celle-ci s’est nettement tournée vers l’assurance-vie. Le rapport note que les ménages ont fait preuve d’une propension à épargner plus élevée que l’année précédente : le taux d’épargne global dépasse 18 % et le taux d’épargne financière dépasse 9 %. Conséquence directe, les cotisations en assurance-vie atteignent 194 milliards d’euros, en hausse d’environ +11 % par rapport à 2024. La collecte nette sur l’ensemble du marché de l’assurance-vie dépasse 52 milliards d’euros, soit un accroissement de 24 milliards par rapport à l’année précédente.
« Cette épargne s’est largement orientée vers l’assurance vie, produit d’épargne à la fois flexible, protecteur et performant : elle a capté la part la plus importante de leurs placements financiers, devançant les titres et les autres placements réglementés »
Fin 2025, l’encours total de l’assurance-vie atteint 2 088 milliards d’euros, confirmant le rôle central de ce segment dans l’épargne des Français.
Assurances de biens : croissance plus modérée
Les branches couvrant les biens et la responsabilité (auto, dommages, responsabilité civile) continuent de croître, mais à un rythme inférieur à celui des personnes : les cotisations dans ces secteurs s’élèvent à 79,9 milliards d’euros, soit une hausse de +6,6 %. Cette progression traduit une tendance structurelle différente : si la demande reste soutenue, elle n’atteint pas les niveaux d’accumulation observés sur les produits d’épargne.
Conséquences et enjeux
Ces chiffres confirment plusieurs évolutions importantes pour l’épargne et le paysage assurantiel français :
- l’assurance-vie demeure le placement préféré des ménages pour y loger une part significative de leur épargne ;
- la préférence pour des produits perçus comme protecteurs et liquides alimente la collecte, ce qui pousse les acteurs à adapter leurs offres ;
- la croissance des encours pose la question de la gestion des actifs et de la recherche de rendement dans un contexte macroéconomique incertain.
Pour l’épargnant, ces données signifient que l’assurance-vie conserve une place centrale parmi les solutions d’épargne financière, tant pour la constitution d’un capital que pour la gestion du risque. Pour les acteurs du secteur, la capacité à transformer cette collecte accrue en performances durables tout en maîtrisant les risques sera un défi majeur pour les années à venir.