La Banque mondiale anticipe un ralentissement de la dynamique marocaine
La Banque mondiale prévoit une croissance du Maroc à 4,2 % en 2026, contre 4,9 % en 2025, selon les projections rapportées dans les notes de conjoncture publiées récemment. Ce modeste ralentissement intervient après une année marquée par un rebond agricole notable et une accélération des dépenses publiques.
Un moteur : les investissements liés à la Coupe du monde 2030
Les autorités marocaines, en préparation de la Coupe du monde 2030 co-organisée avec l’Espagne et le Portugal, ont lancé un vaste programme d’infrastructures. La Banque mondiale rappelle que les engagements d’investissement dépassent 190 milliards de dirhams — soit environ 20 milliards de dollars — et ciblent le rail, les routes, les aéroports, ainsi que la construction et la rénovation de stades et d’équipements urbains. Ces dépenses soutiennent la demande interne et expliquent en grande partie la robustesse macroéconomique observée en 2025.
Risque climatique et tensions énergétiques : des fragilités persistantes
La note de la Banque mondiale souligne cependant que le Maroc reste vulnérable à des aléas qui pourraient freiner la trajectoire de croissance. En premier lieu, la répétition des épisodes de sécheresse compromet les rendements agricoles et pèse sur les secteurs dépendants des ressources en eau. En second lieu, le renchérissement des prix de l’énergie dans le contexte du conflit au Moyen-Orient constitue une pression supplémentaire sur l’inflation et les comptes extérieurs.
Liens avec l’Europe et conséquences pour les exportations
La Banque mondiale rappelle que l’économie marocaine demeure fortement liée à celle de ses partenaires européens. Une amélioration de l’activité en Europe pourrait stimuler les exportations marocaines, tandis qu’un ralentissement du continent pèserait à l’inverse sur la demande extérieure. Ces interactions rendent la trajectoire de croissance marocaine particulièrement sensible aux évolutions économiques et commerciales de la zone euro.
Productivité et transition numérique : le défi des entreprises
Au-delà des facteurs cycliques, l’institution multilatérale insiste sur l’importance des gains de productivité pour soutenir la croissance à moyen terme. La Banque mondiale estime que ces gains dépendront en grande partie de la capacité des entreprises marocaines à adopter des technologies numériques avancées et à améliorer leur intégration dans les chaînes de valeur régionales.
- Croissance prévue : 4,2 % en 2026 (contre 4,9 % en 2025).
- Investissements : plus de 190 milliards de dirhams (≈ 20 milliards de dollars) liés à la Coupe du monde 2030.
- Vulnérabilités : sécheresse, hausse des coûts de l’énergie et exposition à la conjoncture européenne.
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Croissance 2025 | 4,9 % |
| Projection 2026 | 4,2 % |
| Investissements liés à 2030 | 190 milliards de dirhams (~20 milliards $) |
Pour la France et les autres partenaires européens, l’évolution macroéconomique marocaine importe : elle conditionne les flux commerciaux, les projets d’infrastructures transfrontaliers et les opportunités pour les entreprises du BTP, des transports et des services. La trajectoire à moyen terme dépendra de la combinaison entre maintien des investissements publics, résilience face aux chocs climatiques et capacité privée à accélérer la transition numérique.
En synthèse, la Banque mondiale observe une économie marocaine toujours robuste mais confrontée à des risques structurels non négligeables ; la question clé reste la traduction des larges dépenses d’infrastructures en gains durables de productivité.