Une croissance record portée par l’investissement et l’agriculture
La Banque mondiale consacre un rapport à l’«élan» actuel de l’économie marocaine, concluant que le pays a enregistré en 2025 sa meilleure performance de la décennie. Avec un produit intérieur brut réel en progression d’environ 4,9%, cette accélération tient surtout à une montée significative de l’investissement public — notamment lié aux préparatifs de la Coupe du monde 2030 — et à une évolution favorable du secteur agricole.
Des indicateurs macroéconomiques assainis mais des marges de manœuvre étroites
La Banque mondiale souligne également des signes de stabilisation macroéconomique : une inflation ramenée à 0,8% et un déficit public réduit à 3,5% du PIB, des éléments qui ont contribué à une amélioration de la note souveraine par Standard & Poor’s. Les autorités bénéficient ainsi d’un espace politique pour mener des réformes et attirer des capitaux.
La numérisation, levier indispensable pour la productivité
Pour transformer cet élan en gains durables de productivité, le rapport identifie la transformation numérique des entreprises comme un vecteur clé. L’adoption de technologies avancées est présentée non seulement comme une opportunité de moderniser les processus, mais aussi comme un moyen d’augmenter la compétitivité des secteurs exportateurs et de diversifier l’économie.
«La résilience de l’économie marocaine
Risques structurels et sociaux qui tempèrent l’optimisme
Malgré ces acquis, les fragilités persistent. Le marché du travail affiche un taux de sous‑utilisation de la main‑d’œuvre évalué à 22,5%, révélant des capacités inexploitées et un chômage structurel. La faible participation des femmes à l’emploi est citée comme un facteur limitant la croissance inclusive.
- Chocs externes : l’impact du conflit au Moyen‑Orient pèse sur les coûts énergétiques et le fret maritime, ayant amputé la croissance attendue d’environ 0,8 point.
- Vulnérabilité climatique : les sécheresses récurrentes menacent le potentiel agricole et, par ricochet, les activités dépendantes de l’eau.
- Dépendance aux partenaires européens : le rythme de la reprise chez les clients traditionnels du Maroc demeure un facteur déterminant pour l’exportation et le tourisme.
Conséquences pour la France et les investisseurs
Pour les acteurs économiques français — entreprises exportatrices, investisseurs privés et institutions financières — la trajectoire marocaine présente à la fois des opportunités et des signaux d’alerte. L’amélioration des fondamentaux facilite les relations commerciales et les projets d’investissements, mais la persistance de risques externes, climatiques et sociaux exige une diligence renforcée sur les chaînes d’approvisionnement, les projets d’infrastructure et les partenariats industriels.
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Croissance PIB réel 2025 | 4,9% |
| Prévision de croissance 2026 | 4,2% |
| Inflation | 0,8% |
| Déficit public | 3,5% du PIB |
| Sous‑utilisation de la main‑d’œuvre | 22,5% |
Au final, le rapport de la Banque mondiale place la numérisation et la gestion des vulnérabilités climatiques et externes au cœur des politiques à conduire pour que la croissance observée se traduise en progrès durable. Pour la France, il s’agit d’identifier les domaines d’intervention (technologie, formation, financement) où les partenariats peuvent consolider une dynamique bénéfique pour les deux rives de la Méditerranée.