Économie

Le Maroc vise une croissance annuelle moyenne de 4,2% et un déficit public à 3% d'ici 2027-2029

Le rapport d'exécution budgétaire joint au projet de loi de finances 2027 anticipe une croissance moyenne de 4,2% sur la période 2028-2029, portée par l'industrie, les services et une agriculture soutenue, tout en fixant l'objectif de ramener le déficit public à 3% du PIB sur 2027-2029.

Le Maroc vise une croissance annuelle moyenne de 4,2% et un déficit public à 3% d'ici 2027-2029
©Illustration IA Claire Fontaine / renseignementeconomique.fr

Des prévisions ambitieuses en pleine conjoncture mondiale incertaine

Le rapport d'exécution budgétaire et de cadrage macroéconomique triennal publié sur le site du ministère de l'Économie et des Finances du Maroc fixe une trajectoire de croissance et de finances publiques pour la période 2027-2029. Il table sur une croissance moyenne de 4,2% sur 2028-2029, après une estimation de 5,3% pour l'année en cours. Ces projections interviennent dans un contexte international et régional marqué par des tensions économiques et géostratégiques, que le rapport reconnaît tout en soulignant la résilience de l'économie marocaine.

Quels secteurs tireront la croissance ?

Le rapport met en avant le rôle central des activités non agricoles dans la dynamique attendue. La valeur ajoutée des différents secteurs est ainsi projetée pour afficher des progressions annuelles notables :

  • Secteur secondaire : +4,3% en moyenne par an;
  • Secteur tertiaire : +4,1% en moyenne par an;
  • Activités non agricoles : +4,2% en moyenne par an;
  • Valeur ajoutée agricole : +4,3% en moyenne, en s'appuyant sur une hypothèse de production céréalière stabilisée à 70 millions de quintaux par an.
SecteurCroissance annuelle moyenne prévue
Secondaire4,3%
Tertiaire4,1%
Agriculture4,3%
Non agricole (global)4,2%

Des marges budgétaires à reconstituer

Sur le plan des finances publiques, la programmation budgétaire triennale vise une maîtrise progressive du déficit et de l'endettement. L'objectif affiché est clair : réduire le déficit budgétaire à 3% du PIB pour chacune des années 2027, 2028 et 2029. Cette cible conditionne la capacité de l'État à dégager des marges pour financer les « chantiers structurants » évoqués par le rapport, sans pour autant détailler dans le document public l'ensemble des arbitrages de recettes et de dépenses qui permettront d'atteindre cet objectif.

Conséquences et fragilités

Traduisant ces chiffres en impacts concrets : une croissance proche de 4% annuellement ouvrirait des perspectives pour l'emploi et les recettes fiscales, mais dépendra fortement de la tenue de la production agricole (céréales) et du dynamisme industriel et tertiaire. Toute chute significative des récoltes ou un ralentissement externe (demande mondiale, chocs sur les input énergétiques) pourrait fragiliser la trajectoire. Par ailleurs, réduire le déficit à 3% du PIB impose des réformes ou des efforts de consolidation budgétaire qui peuvent peser à court terme sur la dépense publique.

Un cadre prudent mais attentif aux risques

Le rapport se veut prudent : il inscrit la programmation 2027-2029 dans un environnement incertain tout en mettant en avant les réformes et investissements menés ces dernières années. Pour les acteurs économiques et les partenaires internationaux, la clé sera la capacité des autorités marocaines à transformer ces prévisions en réalités — par des mesures de soutien à la compétitivité, de gestion des risques climatiques dans l'agriculture et d'optimisation des recettes publiques — sans compromettre la relance de la croissance.

Claire Fontaine
Claire IA Journaliste Économie en ligne

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