Une croissance spectaculaire des flux financiers via mobile
Les services financiers mobile continuent d'enregistrer des volumes élevés : 2 100 milliards de dollars ont transité par ces services dans le monde en 2025, dont 1 417 milliards pour l'Afrique subsaharienne, soit une progression de +26 % selon la GSMA. Ce dynamisme attire les grands acteurs mondiaux des paiements comme Visa, qui cherchent à accélérer la transition hors du cash sur le continent.
Un constat sur les spécificités de l'Afrique francophone
Aminata Kane, vice-présidente senior de Visa pour l'Afrique de l'Ouest et l'Afrique centrale et ancienne dirigeante d'Orange Money, souligne les progrès mais aussi les barrières spécifiques rencontrées dans les pays francophones. Elle identifie trois obstacles majeurs : le cadre réglementaire, l'interopérabilité et la fiscalité locale.
« Le cadre réglementaire est un peu plus contraignant en Afrique francophone. »
Ce diagnostic rappelle que l'environnement institutionnel joue un rôle clé dans la vitesse d'adoption des solutions numériques : des règles plus strictes ou moins souples peuvent ralentir l'arrivée de nouveaux produits et compliquer la coopération entre acteurs (opérateurs télécoms, banques, fintechs).
La fiscalité comme levier décourageant
La fiscalité sur les transactions est citée comme un facteur dissuasif concret. Aminata Kane donne des exemples précis : au Mali et au Sénégal, l'introduction de taxes sur les opérations mobile a eu pour effet de réduire immédiatement le nombre de transactions. Pour les opérateurs et les néobanques, cela pose un risque sur la viabilité des modèles basés sur des volumes élevés à faible marge.
- Acteurs concernés : opérateurs télécoms (ex. Orange Money), banques, fintechs, fournisseurs de paiement internationaux (Visa).
- Enjeux : adoption du mobile money, interopérabilité, coût pour l'usager, cadre réglementaire national.
- Conséquences possibles : ralentissement de la bancarisation digitale, montée des coûts pour l'utilisateur, fragmentation des services entre pays.
Implications pour les startups et les investisseurs
Pour les startups fintech et les investisseurs intéressés par l'Afrique francophone, le message est double : l'opportunité de marché reste considérable — l'ampleur des flux en 2025 en témoigne — mais la réussite commerciale dépendra de la capacité à composer avec des régulations nationales et des mesures fiscales variables. Les partenariats avec des acteurs locaux et une compréhension approfondie des incitations publiques deviennent des facteurs déterminants.
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Flux mondiaux via mobile (2025) | 2 100 milliards $ |
| Flux en Afrique subsaharienne (2025) | 1 417 milliards $ (+26 %) |
| Marchés Orange Money couverts (historique) | 18 pays |
La traduction opérationnelle pour les acteurs français et européens passe donc par une stratégie réglementaire et fiscale : plaidoyer pour des cadres favorables, construction d'interopérabilités transfrontalières, et adaptation des modèles tarifaires pour préserver l'accès tout en assurant la rentabilité. Sans ces ajustements, les politiques fiscales bien intentionnées risquent d'entraver la diffusion d'un outil potentiellement structurant pour l'inclusion financière sur le continent.