Un nouveau pic du patrimoine financier mais des signaux de réorientation
Le patrimoine financier des ménages au Maroc a atteint 1.192 milliards de dirhams en 2025, soit une hausse de 7,5 % par rapport à 2024 (contre 8,1 % l'année précédente). Le rapport conjoint de Bank Al-Maghrib, de l'AMMC et de l'ACAPS met en lumière une progression généralisée des actifs financiers, accompagnée d'une diversification accrue des placements et d'un ralentissement de la collecte des dépôts bancaires.
Les dépôts conservent la part prépondérante
Les dépôts bancaires constituent toujours la composante principale du patrimoine : ils représentent 79 % de l'ensemble, avec un encours de 935 milliards de dirhams à fin 2025. Toutefois, la croissance des dépôts ralentit : +4,5 % en 2025 contre +7,5 % en 2024. Les banques participatives voient, pour leur part, leurs dépôts progresser de manière soutenue — 13 milliards de dirhams au total, en hausse de 13,4 %.
Réallocation vers les marchés et reprise du crédit
Les auteurs du rapport soulignent que la progression du patrimoine s'accompagne d'une réorientation de l'épargne « vers des placements exposés au risque de marché » et d'une forte reprise de l'endettement, favorisée par un contexte de financement plus accommodant. Concrètement, cela se traduit par un essor des investissements en valeurs mobilières au détriment d'une accumulation exclusive de dépôts liquides.
- 1.192 Md DH : patrimoine financier total des ménages en 2025 (+7,5 %).
- 935 Md DH : dépôts bancaires, soit 79 % du total (+4,5 %).
- 13 Md DH : dépôts des banques participatives (+13,4 %).
Ce que signifient ces chiffres pour les épargnants
La combinaison d'une croissance moins vigoureuse des dépôts et d'une diversification vers les valeurs mobilières traduit deux mouvements : d'une part, une recherche de rendement qui pousse certains ménages hors des comptes traditionnels ; d'autre part, un recours accru au crédit, qui peut amplifier la demande domestique mais accroître la vulnérabilité des ménages en cas de retournement des conditions financières.
Conséquences pour le système financier et la politique
Pour les superviseurs et les institutions financières, la mutation du portefeuille des ménages pose des enjeux de stabilité et d'inclusion : encadrer l'accès aux produits risqués, assurer la transparence des marchés et surveiller l'endettement des ménages. Le rapport conjoint souligne l'importance d'un suivi continu des risques financiers découlant de ces évolutions.
Comparaison chiffrée
| Grandeur | Fin 2025 | Variation en 2025 |
|---|---|---|
| Patrimoine financier total | 1.192 Md DH | +7,5 % |
| Dépôts bancaires (tous) | 935 Md DH | +4,5 % |
| Dépôts banques participatives | 13 Md DH | +13,4 % |
En synthèse, la progression du patrimoine financier illustre une dynamique globalement positive pour les ménages mais masque une transformation structurelle : moins d'accumulation sous forme de dépôts liquides, plus d'exposition aux marchés et un recours au crédit en reprise. Ces tendances méritent une attention particulière des autorités et des acteurs financiers, tant du point de vue de l'allocation d'épargne que de la résilience des ménages face aux cycles économiques.