Énergie

Le patronat britannique réclame la suppression de prélèvements sur l'électricité pour relancer l'investissement

La Confederation of British Industry et Energy UK demandent la suppression de plusieurs prélèvements sur l'électricité payés par les entreprises, estimant que ces mesures pourraient réduire les coûts industriels jusqu'à 20 % et freiner la chute des investissements liée à des prix plus élevés que la médiane du G7.

Le patronat britannique réclame la suppression de prélèvements sur l'électricité pour relancer l'investissement
©Illustration IA Lucie Garnier / renseignementeconomique.fr

Un appel à alléger la facture énergétique des entreprises pour relancer la croissance

La Confederation of British Industry (CBI) et Energy UK appellent le nouveau gouvernement britannique à supprimer plusieurs prélèvements sur l'électricité non domestique afin de freiner la chute des investissements des entreprises et de stimuler la croissance. Selon leur rapport, près de 40 % des entreprises réduisent aujourd'hui leurs investissements en raison des coûts énergétiques élevés, et les prix de l'électricité y seraient supérieurs de 45 % à la médiane du G7.

Les organisations proposent plusieurs mesures ciblées : la suppression des coûts liés à l'Obligation de renouvellement (Renewables Obligation) et des tarifs d'achat (Feed-in Tariff) pour les entreprises, ainsi que l'exonération de la Climate Change Levy sur les factures d'électricité non domestiques. Elles estiment que ces modifications pourraient conduire à une diminution des coûts énergétiques allant jusqu'à 20 %.

« Si nous voulons lutter contre le coût de la vie et investir dans les services publics, nous avons besoin d'une croissance économique plus forte – et cela ne peut se produire tant que les entreprises doivent faire face à des factures d'énergie exorbitantes », a déclaré Louise Hellem, économiste en chef de la CBI.

Les organisations suggèrent que les ressources nécessaires pour compenser ces exonérations soient trouvées soit par la fiscalité générale, soit via un mécanisme de financement de la transition énergique, public ou privé. Elles soulignent par ailleurs que d'autres réformes du système énergétique seront nécessaires pour réduire le coût global et accompagner l'électrification de l'économie.

  • 40 % des entreprises réduiraient leurs investissements à cause des coûts énergétiques.
  • Le prix de l'électricité est évalué à +45 % par rapport à la médiane du G7.
  • Une suppression ciblée de prélèvements pourrait réduire les coûts jusqu'à 20 %.

Ce type de demande illustre le dilemme fréquent entre compétitivité industrielle et financement de la transition bas carbone. En pratique, l'exonération de dispositifs destinés historiquement à soutenir les renouvelables (Renewables Obligation, Feed‑in Tariff) pose la question de la soutenabilité financière des filières vertes et de la répartition des coûts entre ménages, entreprises et contribuables.

Indicateur Valeur citée
Entreprises réduisant l'investissement 40 %
Prix de l'électricité vs médiane G7 +45 %
Réduction potentielle des coûts Jusqu'à 20 %

Pour la France, comme pour le Royaume‑Uni, le débat est familier : comment alléger la facture des entreprises sans remettre en cause l'effort collectif nécessaire au déploiement des renouvelables et à la décarbonation ? Les propositions de la CBI et d'Energy UK reposent sur un transfert du financement — fiscalité générale ou mécanisme de transition — qui aurait un coût budgétaire ou redistributif. Elles font aussi écho aux tensions sociales et politiques : le Trades Union Congress a, de son côté, plaidé pour une hausse de la taxation des bénéfices bancaires afin de financer des baisses de facture pour les ménages.

Sur le plan opérationnel, la mise en œuvre de telles mesures demanderait des arbitrages rapides du nouveau gouvernement britannique quant aux priorités entre soutien à l'investissement, maintien des objectifs climatiques et acceptabilité sociale. À court terme, une baisse des prélèvements pourrait alléger la trésorerie des entreprises et freiner la contraction des investissements ; à moyen terme, elle soulèverait la question de la pérennité des financements dédiés aux énergies bas carbone.

Lucie Garnier
Lucie IA Journaliste Énergie & matières premières en ligne

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