Un record d’emploi chez les 55-64 ans, porté par les plus âgés
Selon la Dares, le taux d’emploi des personnes âgées de 55 à 64 ans a atteint en 2025 un « niveau historique » : 61,7% de cette population avait un emploi. Cette progression, qui se poursuit quasi continûment depuis 2000, est principalement tirée par les plus âgés de la classe : le taux d’emploi des 60-64 ans a augmenté de 8,2 points, tandis que celui des 55-59 ans a gagné 2,5 points.
Quel rôle pour la réforme des retraites de 2023 ?
La Dares met en relation cette hausse et les réformes successives des retraites qui ont progressivement allongé les durées de cotisation puis reculé l’âge d’ouverture des droits. En particulier, les générations nées en 1962, 1963 et 1964 — premières pleinement concernées par le recul de l’âge effectif de départ — sont davantage en emploi entre 60 et 64 ans que les générations précédentes qui n’étaient pas, ou seulement partiellement, impactées.
« Le taux d’emploi des seniors continue d’augmenter et se situe à un niveau historique »
Un contraste marqué à partir de 60 ans
Malgré ces gains, la situation reste contrastée : à partir de 60 ans, le taux d’emploi décroche fortement. Environ un quart des seniors de cette tranche d’âge ne sont ni en emploi ni à la retraite. Cette période d’entre-deux traduit des trajectoires diverses : départs anticipés, chômage, inactivité pour raisons de santé ou autres motifs.
- 61,7% : taux d’emploi des 55-64 ans en 2025.
- +8,2 points : évolution du taux d’emploi des 60-64 ans.
- +2,5 points : évolution pour les 55-59 ans.
- ~25% : part des seniors de plus de 60 ans ni en emploi ni en retraite.
Causes et conséquences
Une étude complémentaire de la Dares, publiée en avril 2026, précise que les personnes de plus de 60 ans qui ont quitté le marché du travail sont souvent au chômage ou inactives pour des raisons de santé. Ces motifs pèsent sur les parcours de fin de carrière : une partie des salariés n’atteint pas l’âge effectif de départ et peut subir une baisse de revenus ou des parcours hachés avant l’ouverture des droits. Pour les pouvoirs publics et les partenaires sociaux, il s’agit d’un double défi : maintenir l’emploi des seniors qui le peuvent, tout en renforçant les dispositifs de prévention, d’aménagement des postes et d’accompagnement pour ceux qui s’en éloignent précocement.
Enjeux pour l’avenir et calendrier
La Dares note aussi l’effet temporel des réformes récentes : la suspension prévue de certaines dispositions de la réforme de 2023 à compter du 1er septembre 2026 peut modifier les incitations au maintien en emploi pour les générations concernées. Reste que les tendances observées en 2025 montrent que les ajustements structurels sur l’âge et la durée de cotisation pèsent déjà sur les comportements de fin de carrière.
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Taux d’emploi 55-64 ans (2025) | 61,7% |
| Évolution 60-64 ans | +8,2 points |
| Évolution 55-59 ans | +2,5 points |
En synthèse, la hausse du taux d’emploi des seniors est une réalité chiffrée. Mais derrière le record se profile une fragilité : l’entrée dans les âges proches de la retraite s’accompagne encore d’un risque élevé d’inactivité ou de chômage, souvent lié à l’état de santé, et qui pèse sur la capacité à convertir ces années travaillées en droits utiles au moment du départ à la retraite.