Un chantier de données pour transformer l'écosystème
Le Vietnam a placé la données au cœur de sa stratégie pour faire décoller son écosystème de jeunes entreprises technologiques. Lors d'un atelier organisé par le Département des startups et des entreprises technologiques (Ministère des Sciences et de la Technologie), représentants publics, acteurs privés et investisseurs ont débattu de la mise en place d'une base de données centrale dotée d'indicateurs précis pour rendre visibles et exploitables les dynamiques locales.
Cette démarche répond à un constat partagé : l'absence d'un référentiel actualisé limitant la capacité des autorités et des acteurs à suivre la réalité du terrain, évaluer des politiques et attirer des capitaux. Le besoin devient d'autant plus pressant que 2026 est présenté comme une année charnière pour la transformation du pays en pôle d'innovation régional en Asie du Sud-Est.
Un diagnostic chiffré qui pousse à l'action
Le rapport Global Startup Ecosystem Index 2025 de Startup Blink place le Vietnam au 50e rang mondial. Ce classement est utilisé comme traceur : il montre un potentiel réel, mais aussi l'urgence d'outils mieux calibrés pour suivre les progrès et piloter les interventions publiques.
- Objectif : créer une base de données « précise, complète, propre, visible, unifiée et partagée ».
- Acteurs impliqués : ministères, collectivités, entreprises, investisseurs, organismes intermédiaires.
- Outil présenté : l'indice PEEI (indice d'évaluation de l'écosystème des startups locales).
PEEI : 50 indicateurs pour huit dimensions
Pour structurer la collecte et l'analyse, les intervenants ont exposé le PEEI, un instrument construit à partir de modèles internationaux et adapté au contexte vietnamien. Il comporte 50 indicateurs répartis en 8 piliers, destinés à couvrir les composantes essentielles de l'écosystème : infrastructures, capitaux, institutions, activités économiques et autres facteurs déterminants.
| Élément | Valeur |
|---|---|
| Classement Global Startup Ecosystem Index | 50e (2025) |
| Nombre d'indicateurs PEEI | 50 |
| Nombre de piliers | 8 |
Les enjeux concrets
Mettre en place une base de données centralisée ne relève pas que d'un défi technique : il s'agit d'une transformation relationnelle et organisationnelle. Le partage volontaire et la mise à jour régulière des informations par les entreprises privées sont indispensables pour que l'outil reste pertinent. Sans données fiables, les décisions publiques risquent d'être mal ciblées et l'effort d'attraction des investisseurs affaibli.
Le retour d'expérience des pays qui ont déjà bâti des référentiels — cités lors de l'atelier, comme Israël, Singapour ou les États-Unis — montre que ces systèmes servent de socle pour adapter les politiques, produire des rapports récurrents et rassurer les capitaux étrangers.
Conséquences pour le financement et la politique
Un fichier national structuré peut changer les trajectoires : améliorer la visibilité des startups locales, sécuriser les évaluations de portefeuille pour les investisseurs, et permettre aux administrations de calibrer leurs aides et infrastructures. Mais la valeur réelle dépendra de la gouvernance du système : qui détient et opère la base, qui garantit la qualité des données, et comment sont partagées les informations tout en protégeant les intérêts commerciaux.
Au moment où le Vietnam vise un statut régional plus affirmé, la création d'un référentiel robuste apparaît comme une condition préalable pour traduire ambition en résultats concrets. Le chantier est lancé ; son succès dépendra désormais de la capacité des entreprises et des pouvoirs publics à collaborer sur le long terme.