Un produit d’épargne réglementée toujours en essor
Le livret d’épargne populaire (LEP) confirme sa trajectoire d’extension. Selon le dernier rapport sur l’épargne réglementée publié par la Banque de France le 15 juillet, le nombre total de comptes a atteint 12,1 millions en 2025. L’institution y voit l’effet des mesures de soutien mises en place ces dernières années et d’un intérêt accru des ménages pour ce livret réservé aux particuliers dont les revenus ne dépassent pas un certain plafond d’éligibilité.
« On peut dire que la politique de soutien au LEP a porté ses fruits », a déclaré Emmanuel Moulin, gouverneur de la Banque de France.
Ouvertures en reflux, clôtures en hausse légère
Derrière ce stock élevé, la dynamique des flux se normalise. Après une phase très soutenue entre 2021 et 2023, le rythme des ouvertures retombe à 1,2 million en 2025. Dans le même temps, les clôtures progressent légèrement pour atteindre 1 million sur la même année. Autrement dit, le socle de détenteurs s’élargit encore, mais la rotation des comptes devient plus visible, avec des sorties qui rattrapent partiellement les entrées.
| Indicateur (2025) | Volume |
|---|---|
| Comptes LEP en stock | 12,1 millions |
| Ouvertures de comptes | 1,2 million |
| Clôtures de comptes | 1,0 million |
Ce que disent les chiffres pour les épargnants
La photographie 2025 met en regard trois réalités : un socle d’encours plus large, un flux d’ouvertures en décélération, et des clôtures en hausse contenue. Pour les ménages, le message est double : le LEP demeure massivement diffusé, mais sa gestion s’intensifie au fil des années, avec davantage de mouvements sur les livrets.
- Stock en hausse : un nombre record de détenteurs, reflet de l’attractivité passée du produit.
- Flux en normalisation : après la vague 2021‑2023, les ouvertures reviennent à un niveau plus bas.
- Rotation accrue : les fermetures progressent, ce qui pèse à la marge sur la croissance nette du nombre de comptes.
Éligibilité : un critère structurant, des arbitrages à la clef
Le LEP est conçu pour les ménages aux ressources modestes, avec un plafond de revenus conditionnant son ouverture et sa détention. La question de savoir si une banque peut clôturer un LEP lorsque la situation financière du titulaire s’améliore est au cœur des préoccupations pratiques. Le rapport cité ne détaille pas ce point ; il s’inscrit dans le cadre réglementaire propre au LEP, qui organise l’éligibilité et sa vérification.
En pratique, ces règles encadrent l’accès au produit et expliquent une partie de la dynamique observée : lorsque les ouvertures ralentissent et que les fermetures progressent, la montée en puissance des contrôles d’éligibilité et les évolutions de revenus des titulaires peuvent contribuer à la rotation des comptes. Sans préjuger des cas individuels, la combinaison 12,1 millions de comptes en stock et 1,0 million de fermetures annuelles illustre une gestion plus active de ce livret par le système bancaire.
Conséquences pour la stratégie d’épargne
Pour les détenteurs éligibles, le LEP reste un pilier de la poche sécurisée. La comparaison entre ouvertures (1,2 million) et clôtures (1,0 million) en 2025 montre que le produit conserve un attrait net. Pour les ménages dont la situation évolue, l’arbitrage consiste à suivre de près les critères d’éligibilité et, le cas échéant, à réallouer vers d’autres supports d’épargne réglementée ou de marché selon leurs objectifs et la fiscalité applicable à chaque produit. Ici encore, les chiffres invitent à raisonner en termes de stock (durée de détention) et de flux (mouvements annuels) afin d’éviter les à‑coups dans la trésorerie.
En l’absence de détail supplémentaire dans le rapport sur les modalités de clôture pour non‑respect des critères, le point d’attention principal reste la conformité au cadre en vigueur. Les banques appliquent ces règles à partir des informations disponibles, ce qui peut se traduire par des mises à jour ou des demandes de justificatifs.